Des criminels à Kinshasa pour attaquer des personnalités politiques ?

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A 2 mois de la date fatidique du 23 décembre, la Ceni et les acteurs politiques appelés à créer les conditions d’un scrutin réellement apaisé.

Le ministre congolais de la Communication et des Médias Lambert Mende, a été la cible d’une attaque armée perpétrée hier, lundi 22 octobre, par des assaillants non encore identifiés, dans sa résidence familiale à Ngaliema. Le même lundi à Kinshasa, un autre commando criminel a attaqué à l’armée à feu, la résidence d’André-Alain Atundu, porte-parole de la Majorité présidentielle (MP). Simple coïncidence ? Opérations planifiées ? Difficile au stade actuel des choses, de confirmer l’une ou l’autre hypothèse.

Toutefois, après l’attaque de la résidence du porte-parole de la MP, le général Sylvano Kasongo, patron de la Police nationale congolaise (PNC) de la ville de Kinshasa, a déclaré hier à Radio Okapi que la Police avait des informations sur des criminels qui voulaient attaquer des personnalités politiques à Kinshasa. A en croire la source, le numéro 1 de la PNC à Kinshasa a fait savoir que des enquêtes sont déjà en cours, afin de démanteler ce réseau criminel.

« La police est en train de mener des enquêtes. Depuis dimanche dans la matinée, la population a observé des barricades érigées par la Police. C’était pour dissuader et rechercher ces bandits. On avait déjà des renseignements qu’il y avait un groupe de criminels qui enlèvent les filles dans les voitures taxi et qui veulent s’attaquer à des personnalités. Les enquêtes sont en cours. D’ici là, vous aurez une suite favorable. La Police est à pied d’œuvreet nous avons déjà quelques indices », a renseigné le général Sylvano Kasongo.

Et, comme pour mettre les bouchées doubles, notre consœur poursuit que le patron de la PNC ville de Kinshasa, a affirmé la poursuite des opérations de fouilles de véhicules sur les principales artères de Kinshasa. Ce, avant de rassurer que la sécurité est renforcée autour des résidences de ces personnalités. « Les barricades vont se poursuivre. Nous sommes toujours à la recherche de ces malfaiteurs. Est-ce que ces barricades dérangent la population ? Est-ce que les policiers extorquent ? On a mis des responsables qui sont sur terrain pour fouiller les véhicules de transport en commun et ceux des particuliers, à la recherche des criminels », explique le général Sylvano Kasongo contacté par la Radio de la Fondation « Hirondelle », émettant de Kinshasa.

A L’APPROCHE DES ELECTIONS…

Depuis 2016, la fin de l’année en RD Congo charrie beaucoup d’incertitudes empreintes de psychose au sein de la population. Les causes de cette situation de perplexité sont les mêmes : la tenue effective des élections. Principalement la présidentielle. Même si tous les scrutins se valent, il faut reconnaitre, cependant, qu’au crépuscule du second et dernier mandat constitutionnel du Président sortant Joseph Kabila en 2016, l’élection présidentielle en RD Congo suscite des attentes généralisées dans l’opinion.

Contrairement à 2016, le processus électoral de 2018 a donc l’avantage de reposer sur un chronogramme clair élaboré par la Centrale électorale et accepté par tous. Du moins, les Congolais en âge de voter savent qu’ils iront aux urnes le 23 décembre pour élire le successeur de Joseph Kabila.Tous savent aussi que pour la première fois de l’histoire politique de la RD Congo, un ancien président élu et arrivé fin mandat, passera le témoin à son successeur sorti des urnes.

C’est donc dans ce contexte politique essentiellement marqué par les préparatifs des élections, que survient l’insécurité dans la capitale. Un autre fait à ne pas négliger, est que les attaques « ciblées » des résidences de deux cadres de la coalition au pouvoir en RD Congo, se sont produites après des vagues d’expulsions massives des Congolais vivant en Angola. La question est celle de savoir si tous ces Congolais refoulés de l’Angola sont « sains ».

Sur le plan politique, le contexte ne peut laisser personne indifférent. A deux mois des élections, on devrait s’interdire de jouer à l’hypocrisie. Des analystes estiment que les différentes parties prenantes au processus électoral en cours doivent prendre l’exacte mesure de la situation actuelle en vue d’une issue concertée de l’impasse. Plutôt que d’attendre la dernière minute. En d’autres termes, la classe politique se doit de lever l’option définitive. Celle de dire par exemple, qu’au 23 décembre, soit tout sera prêt pour l’élection, soit qu’il se présente encore des défis à relever.

Dans les deux cas de figure, il faudrait créer les conditions d’un scrutin apaisé. Il s’agit donc là, d’un impératif sur lequel les deux camps politiquement opposés, ne devraient pas transiger. La pratique sociale étant le seul critère de la vérité, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), est en train de prouver à la face du monde qu’elle remplit jusqu’ici, sa part de contrat. Mais tout ne doit pas dépendre que d’elle pour un processus apaisé. Les différentes parties prenantes ayant aussi leur grosse part de responsabilité.

A tous égards, plus d’un observateur averti recommande une vigilance tous azimuts. Car, disent-ils, l’environnement politique actuel en RD Congo risque d’apporter de l’eau au moulin de ceux-là même qui détiennent des agendas cachés. Pour le coup, des visées déstabilisatrices du pays. Ainsi donc, ils risqueraient de juger propice ce moment-ci, pour exécuter leur projet.

Source: http://www.mediacongo.net/

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