Dérapages policiers dans la traque des évadés de la prison de Makala à Kinshasa

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La traque des évadés de la prison centrale de Makala, qui se poursuit à travers la ville de Kinshasa, est émaillée de bavures de la part des forces de l’ordre. «Plusieurs innocents» sont arrêtés ou spoliés, ont dénoncé mardi 23 mai à Radio Okapi des habitants de la commune de Ngiri-Ngiri proche de la prison.

Parmi ces victimes innocentes par exemple, les habitanst de Ngiri-Ngiri parlent des mécaniciens qui passent habituellement la nuit dans leurs garages à bord des véhicules. Ils ont été arrêtés vers 3 heures du matin dans la nuit de vendredi à samedi.

Les chanceux, dont les familles ont versé la somme de 100 000 francs congolais (104, 67 USD) exigés par les forces de l’ordre, ont été relâchés. Les autres ont été conduits à la prison centrale de Makala.

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Craignant la menace des kulunas à Makala, sa commune de résidence, un conducteur de taxi a préféré dormir dans la voiture devant la parcelle de son patron dans la commune de Bumbu. Les policiers l’ont réveillé vers 4 heures, et ont estimé que son permis de conduire n’était pas suffisant pour prouver son identité. Son patron alerté, pendant qu’ils tentaient de l’emmener de force, a dû débourser 100 000 francs congolais (104,67 USD) pour obtenir sa liberté. Les policiers avaient d’abord exigé 250 000 francs (261, 67 USD), selon son témoignage.

Plusieurs autres cas d’arrestations injustifiées suite à cette traque des fugitifs de la prison de Makala sont déplorés à Ngiri-Ngiri, Bumbu et Selembao. Toutes ces victimes se sont exprimées à Radio Okapi sous le couvert de l’anonymat craignant de représailles des forces de l’ordre.

«Inadmissible»

Le commissaire général de la Police nationale congolaise (PNC), Charles Bisengimana, a mis en garde tous les policiers auteurs de ces dérapages. Il a jugé «inadmissible» que des policiers abusent de la population dans l’exercice de leurs fonctions. 

La police a donc invité la population à dénoncer non seulement les fugitifs mais aussi tout policier auteur des dérapages. 

«Il est un fait indéniable qu’en toute circonstance, l’action de la police au maintien de l’ordre -tout en étant très ferme- doit être empreinte de discernement et d’humanité avec un souci permanent des droits de l’homme, conformément à la législation en vigueur», a affirmé, de son côté, le porte-parole de la police, colonel Pierrot Mwana Mputu.

Dans cet extrait sonore, il annonce que tout policier qui se livrerait aux actes contraires à sa mission subirait la rigueur de la loi:

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Source : radiookapi.net

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