Découverte: des glaces aux « malombo » chez Glacy

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Glacy est la première glacerie au Congo offrant glaces et sorbets faits à base de fruits de la forêt tropicale, à l’instar des malombo, tsui-téké, corossol et autres fruits locaux. Consommés jusqu’à présent dans leurs formes naturelles, ces fruits trouvent une valeur ajoutée, avec leur transformation en crèmes glacées et sorbets par Christine Makany, la promotrice de Glacy. Nous l’avons rencontrée.

 

Les Dépêches de Brazzaville (L.D.B.) : C’est quoi Glacy ?

Christine Makany (C.M.) : Derrière Glacy, il y a Christine Makany, un enfant qui, en 1981, a décidé, contre toute attente après son baccalauréat, de faire hôtellerie pour sublimer les saveurs du Congo.

L.D.B.:Pourquoi Glacy ?

C.M. : Parce que je voulais un nom court et évocateur, un nom qui fera directement référence à ce que je veux faire. Lorsqu’on entend Glacy, on pense à glace. Et Glacy est le cœur d’un grand projet de transformation industrielle des produits locaux congolais que je nourris.

L.D.B. : Pour situer nos lecteurs, où se trouve Glacy ?

C.M. : Glacy se trouve au Plateau des 15 ans, au 1786 de la rue Nko, en diagonale du collège 8-mars, en partant de l’avenue Loutassi vers l’aéroport.

L.D.B.: Quelques saveurs de crèmes glacées que vous proposez, notamment celles à base de fruits exotiques congolais, ont attiré notre attention. Pouvez-vous nous dire d’où est partie l’idée de ces créations ?

C.M. : Après avoir fait mes études d’hôtellerie en Tunisie et travaillé deux ans et demi à l’hôtel Mbamou Palace, je suis repartie pour la France faire des études de commerce.  Je me suis spécialisée en finance et management. Nous avions un cours qui portait sur le business plan, j’ai donc profité de ce cours pour réaliser le business plan de Glacy. Cela se passe en 1988. J’avais écrit dans ce business plan que le créneau que compte exploiter Glacy est celui des glaces et sorbets à base de fruits locaux et exotiques. Je disais à l’époque que certains de ces fruits n’avaient jamais été commercialisés sur le marché national et international. J’expliquais aussi que la société comptait mettre en place un système d’approvisionnement de sorte que ces fruits puissent être toujours disponibles, quelle que soit la saison. Les raisons de ce choix remontent donc à sept ans, en 1988 précisément.

L.D.B: En raison de multiples ingrédients à incorporer dans la préparation, les glaces que nous avons l’habitude de consommer (à la vanille, au chocolat, à la fraise, etc.) prennent, en général, beaucoup de temps pour être fabriquées. Est-ce également le cas pour celles à base de fruits locaux ?

C.M. : Je dirais que les glaces importées sont plus faciles car généralement, si je veux faire une glace avec un fruit importé, ça vient sous forme de coulis donc il ne restera qu’à ajouter les ingrédients et le tour est joué. Par contre, en ce qui concerne les fruits locaux, il n’y a pas toujours des machines adaptées. C’est donc un énorme travail mais en même temps, est-ce qu’on peut vivre d’amour et d’eau fraîche ? je pense que non, il faut forcement travailler. Et comme je dis qu’il faut sublimer les saveurs de chez nous, il ne faut surtout pas le faire à demi-mesure.

L.D.B.: Comment les consommateurs apprécient-ils cette offre ?

C.M. : Ils sont bluffés. Beaucoup d’entre eux, jusqu’à ce qu’ils aient goûté, ne croient pas que c’est faisable. La question qui revient souvent c’est comment vous faites car ce n’est plus la saison de tel fruit ou tel autre. La réponse est que si on s’y met, on peut avoir ces fruits en toute saison.

L.D.B.: Comment faites-vous pour vous approvisionner ?

C.M. : Au début, j’ai commencé par faire des marchés pour voir ceux qui vendaient ces fruits (malombo, tsui-téké, tondolo, minguegue…) et j’achetais en gros. Après, j’ai sollicité des livraisons et depuis un moment, ce sont les vendeurs qui me les livrent. 

L.D.B.:Parmi toutes ces glaces, quel est votre coup de cœur ?

C.M. : Mon coup de cœur, sans réfléchir, c’est le sorbet au tsui-téké

L.D.B.:Quels conseils, selon vous, mériterait l’attention de nos lecteurs ?

C.M. : J’aimerais porter à l’attention de nos lecteurs trois choses : la première, c’est de réaliser qu’il ya énormément d’opportunités qui s’offrent à nous et qu’il est possible de créer des emplois à partir de ces occasions.

La deuxième, c’est de s’approprier ce qui sort de nos terres. Il y a toute une industrie à créer autour des fruits et de bien d’autres produits issus de l’agriculture. Il faut s’activer pour ne pas que d’autres personnes le fassent à notre place.

La troisième, c’est que nous devons mutualiser nos connaissances, nos moyens et nos efforts. Nous devons nous faire confiance. Il faut briser l’idée selon laquelle il est mieux de s’enrichir seul. Les autres évoluent parce qu’ils s’organisent en coopérative. Les coopératives font partie de leurs points forts, voilà pourquoi ils exportent. Nous aussi pouvons le faire, il faut juste le vouloir.

L.D.B.: Une sollicitation personnelle ?

C.M. : J’ai reçu l’invitation pour participer à un autre salon international de l’agriculture à Miami, aux Etats-Unis. Pour cette invitation, j’ai besoin d’aide pour réunir les finances nécessaires afin d y participer. Je lance donc un appel à soutien à toute personne qui voudrait bien que Glacy aille sublimer les saveurs du Congo sur le territoire américain.

 

Légendes et crédits photo : 

Photo 1: Coupe de sorbets aux fruits du Congo :malombo, tsui-téké, ntondolo,mangues et minguegue
Photo2: Affiche de la marque

Source : http://www.adiac-congo.com/

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