Déclaration universelle des droits de l’homme: 70 ans dans un contexte assombri

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Le 10 décembre 1948, l’ONU adoptait, à Paris, la Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH), ambition humaniste mondiale affichée peu après les atrocités de la Seconde Guerre mondiale, d’Auschwitz à Hiroshima. 

Les Nations unies commémorent ce lundi, l’adoption du texte novateur tandis que ses objectifs se heurtent à une résistance sans précédent. La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a averti la semaine dernière que le système mondial « qui avait donné corps à la vision de la Déclaration universelle est érodé petit à petit par les gouvernements et les responsables politiques qui se consacrent de plus en plus à des objectifs nationalistes étroits ».

Certains experts pensent toutefois que, même si le mouvement international pour les droits de l’homme né après la Seconde Guerre mondiale est menacé, cette commémoration pourrait fournir l’occasion à la DUDH de réaffirmer son utilité. Inspirée par la déclaration française des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et la déclaration d’indépendance américaine de 1776, la DUDH a pour première origine le traumatisme engendré par la Seconde Guerre mondiale et le génocide des juifs par les Nazis.

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits », proclame le premier article de la déclaration, qui en trente points énumère des droits humains, civils, économiques, sociaux et culturels, « inaliénables » et « indivisibles ».

Droit de la personne

Elaborée dans un climat de début de Guerre froide, la DUDH fut adoptée le 10 décembre 1948 à Paris par les cinquante-huit Etats alors membres de l’Assemblée générale de l’ONU à l’exception de l’URSS, des pays d’Europe orientale, de l’Arabie saoudite et de l’Afrique du Sud qui s’abstinrent. L’URSS et ses satellites insistaient notamment sur les « droits réels », économiques et sociaux, contre les « droits bourgeois » civils et culturels défendus par les démocraties occidentales.

Ces dernières, de leur côté, résistaient à l’idée de traduire la déclaration en instrument juridique contraignant, craignant qu’il ne fût utilisé contre elles par les pays colonisés. De fait, ce n’est qu’en 1966 que furent adoptés par l’ONU deux pactes contraignants qui constituent, avec la DUDH, la charte des droits de l’Homme de l’ONU.

Le texte de 1948 reste, selon le mot du juriste français René Cassin, qui participa à son élaboration, « le premier manifeste que l’humanité organisée ait jamais adopté ». 

Sans valeur contraignante, la DUDH a inspiré tous les traités internationaux de l’après-guerre et est généralement reconnue comme le fondement du droit international relatif aux droits de l’homme. Les conventions internationales de 1979 contre la discrimination envers les femmes, de 1984 contre la torture, de 1990 sur les droits de l’enfant, la création de la Cour pénale internationale en 1998 découlent directement de la DUDH.

 

L’essentiel de la DUDH 

La DUDH contient un préambule et trente articles.

Cette charte, de portée morale, traite de quatre grands volets : les droits personnels (libertés, égalité, droit à la justice), les rapports avec les autres hommes (droit à une nationalité, droit à fonder une famille), les droits spirituels et politiques (liberté de religion, d’opinion, de réunion, d’association, d’élection) et, enfin, les droits économiques, sociaux et culturels (droit au travail, à la rémunération, à l’éducation, à la sécurité sociale).

L’article premier stipule que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits » et l’article 2 que  « chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés (…), sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation ».

D’après l’article 3, « tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne ». Selon l’article 4, « nul ne sera tenu en esclavage » et selon l’article 5, « nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ».

L’article 9 stipule que « nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé » et l’article 12 que « nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation (…) ».

Aux termes de l’article 13,  « toute personne a le droit de circuler librement (…) de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays» tandis que l’article 14 dit que, « devant la persécution, toute personne a droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays».

L’article 16 indique qu’« à partir de l’âge nubile, l’homme et la femme (…) ont le droit de se marier» et « ont des droits égaux (…) durant le mariage et lors de sa dissolution» et que« le mariage ne peut être conclu qu’avec le libre et plein consentement des futurs époux».

L’article 18 reconnait que « toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion».

 

 

Source : http://www.adiac-congo.com/

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