Débat: la mauvaise gouvernance électorale, l’un des facteurs d’instabilité politique au Congo

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La problématique a fait l’objet d’un échange passionnant lors du séminaire atelier servant de lancement officiel des activités du secrétariat permanent du Conseil national du dialogue, clôturé le 11 juillet à Brazzaville.

Six thématiques ont été développées à la faveur de l’atelier qui a duré trois jours, parmi lesquelles celle intitulée « Le Conseil national du dialogue, un nouveau facteur institutionnel pour la pacification de la vie politique nationale », animée par Joseph Christian Dzinga Boubanga.

Au terme des débats interactifs, les participants ont épinglé sept manquements, considérés comme facteurs potentiellement générateurs de conflits sociopolitiques au Congo. Au nombre de ces facteurs, relève la synthèse des travaux, figure au premier plan la gouvernance électorale, due au manque de fiabilité des listes électorales, au mauvais découpage électoral ainsi qu’au mauvais mode de compilation des résultats.

Ont été aussi épinglés comme facteurs principaux déclencheurs des guerres civiles, la corruption des électeurs lors des campagnes, la fraude électorale, le cumul des responsabilités, mais aussi et surtout la durée excessive de quelques responsables dans l’exercice de certaines fonctions, source de frustration.

Comment prévenir ces conflits ?

Ayant répertorié quelques maux qui divisent les cadres et qui endeuillent souvent la nation, les participants ont suggéré quelques pistes de solution en vue d’épargner le pays des remous. Ils ont proposé, entre autres, d’organiser, avant toute élection, les consultations séparées avec les acteurs politiques et la société civile ; l’installation d’un groupe informel de médiateurs pendant et après les élections, constitué des représentants d’autres conseils consultatifs et d’individualités.

De même, ils ont proposé la facilitation de la formation des acteurs politiques, des conseils, de la société civile sur les droits de l’homme, et le renforcement des mécanismes de prévention des conflits dans le pays, avec l’implication les organisations des femmes et des jeunes.

Pour prévenir les conflits, les participants ont aussi demandé d’insérer la culture du dialogue dans les programmes d’enseignement ; l’organisation des dialogues intra et intercommunautaires dans tous les départements du Congo, la vulgarisation du rôle du Conseil national du dialogue et l’évaluation des différentes concertations politiques organisées dans le pays.

Clôturant les travaux au nom du Premier ministre, le ministre de la Justice, des droits humains et de la promotion des peuples autochtones, Aimé Ange Wilfrid Bininga, a réitéré la nécessité de pérenniser le dialogue, l’unique panacée pour préserver la paix et la stabilité dans le pays.

« Nous sommes rassurés que des questions majeures relatives à la nécessité du dialogue ont été abordées et que celles-ci constitueront une bonne base. Car le dialogue ne se veut pas une fin, mais une ouverture sur la recherche constante de la paix et l’idéal démocratique », a souligné le ministre de la Justice.

Une idée soutenue par le secrétaire permanent du Conseil national du dialogue, Martin Mberi, qui a estimé, pour sa part, que seul le dialogue apaise les esprits et garantit la quiétude générale. Il a affirmé qu’il n’était pas important de cultiver l’esprit de haine autour d’une autorité ou d’une autre.

« Au siècle des siècles, le Congo, notre pays, aura toujours besoin d’un président de la République. Au siècle des siècles, le président élu sortira toujours d’une tribu quelconque », a lâché Martin Mberi lors d’une conférence de presse qu’il a donnée à l’issue des travaux.

Cet atelier a été organisé avec l’appui financier du Programme des Nations unies pour le développement, à travers le Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix.

Légendes et crédits photo : 

Une vue des officiels à la clôture du séminaire/ Adiac

Source : http://www.adiac-congo.com/

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