Crise politique : les enfants en rupture familiale s’invitent au débat

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Une association prétendant représenter les enfants de la rue, les « chégués » de Kinshasa, affirme dans un message soutenir le calendrier électoral contesté par l’opposition.

 

Crise politique : les enfants en rupture familiale s'invitent au débatLe message est d’abord parvenu le 11 novembre sous la forme d’une « déclaration » écrite indiquant que « tous les chégués de Kinshasa acceptent et soutiennent bien à 100% le calendrier électoral pour le 23 décembre 2018 proposé par la Ceni », la commission électorale nationale indépendante qui a publié ce chronogramme le 5 novembre. « C’est vrai qu’attendre neuf à dix mois ou même une année avant la date initiale des élections, c’est long mais cette date finira par arriver. C’est mieux de patienter que de tout casser », a précisé, le 13 novembre à l’AFP, le signataire de la « déclaration », Théodore Talakwa, président de l’Union des chégués et faseurs (« qui dorment dans la rue ») de Kinshasa (Uchefak).

M. Talakwa prend cette position alors que la société civile et l’opposition appellent à une journée de mobilisation ce 15 novembre pour obtenir le départ du président Joseph Kabila dès la fin de l’année et des élections plus tôt en 2018. « Nous avons exhorté les chégués à ne pas participer à la manifestation du 15 (novembre) » qui risque de déclencher des « troubles », a-t-il déclaré à l’AFP. « Eux (les politiciens) et leurs enfants resteront dans leurs maisons et c’est le chégué qu’on veut envoyer mourir (dans la rue). Nous avons déjà perdu plusieurs d’entre nous pendant ce genre de manifestation », poursuit M. Talakwa, affirmant avoir vécu 23 ans dans la rue.

Omniprésents dans la mégapole kinoise (environ 10 millions d’habitants), les shégués (ou chégués) sont des enfants en rupture familiale victimes de la pauvreté et des crises économiques de la RDC. Dans un roman récent, « Congo Inc », l’écrivain congolais, In Koli Jean Bofane, plonge dans l’univers des shégués du grand marché de Kinshasa, qui s’organisent en société parallèle.

D’après les sources, leur nom viendrait d’une déformation de l’espace européen de libre circulation Schengen – ou d’un hommage au guérillero argentino-cubain Ernesto Che Guevara, qui a animé un mouvement de guérilla dans l’est du Congo dans les années 1960.

 

Légendes et crédits photo : 

Les enfants de la rue communément appelés « Shégués »

Source : adiac-congo.com

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