Crise majeure au Zimbabwe

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Entre une armée déterminée à agir, qui assure protéger la révolution en écartant « des criminels » de l’entourage du chef de l’Etat, et les coups de feu entendus autour du palais présidentiel, mardi dans la nuit, les observateurs de la scène zimbabwéenne redoutent une prise du pouvoir par les militaires.

La confusion créée par les déclarations des officiers de l’armée, qui démentent perpétrer un coup d’Etat tout en prenant le contrôle de la radio nationale, du Parlement et d’autres endroits stratégiques de la capitale Harare laisse perplexe.

On assiste, peut-être, à une déposition en douceur du père de l’indépendance, Robert Gabriel Mugabe, 93 ans, en porte-à-faux avec certains de ses collaborateurs depuis plusieurs jours. Le cas précisément du vice-président, Emerson Mnangagwa, limogé dans un moment d’incertitude où les militaires menaçaient d’intervenir : « Nous assurons à la Nation que son Excellence le président (Robert Mugabe) et sa famille sont sains et saufs et que leur sécurité est garantie », a notamment expliqué le porte-parole de l’armée apparu en tenue militaire à la télévision.

Le scénario en cours au Zimbabwe aura l’ère du déjà vu sur le continent s’il se confirmait quand on pense à ce qui s’était produit en Tunisie, le 7 novembre 1987. Après xx années au pouvoir, Habib Bourguiba, président à vie de la Tunisie, appelé « le combattant suprême » pour son implication dans le combat pour l’indépendance de son pays, fut déposé par son Premier ministre d’alors, Zine El Abidine Ben Ali. Il justifia son action en alléguant « le grand âge du président (84 ans) et des problèmes de santé ». Bourguiba est gardé en résidence surveillée, mais son éviction ne provoqua pas des tensions particulières dans le pays.

Le cas du Zimbabwe paraît tout de même complexe car il se profile un bras de fer entre l’armée et la jeunesse du ZANU-PF, le parti de Mugabe. Dans une déclaration, le représentant des jeunes a estimé que la place des militaires est dans les casernes et qu’ils n’accepteront pas que l’armée écarte du pouvoir un président régulièrement élu par son peuple. On peut donc craindre des débordements dans le pays si les militaires ne font pas preuve de tact dans la gestion de ce qui peut être considéré comme une crise majeure au sein du régime zimbabwéen en place depuis trois décennies.

Source : adiac-congo.com

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