Crimes présumés au Burundi : les présidents ougandais et tanzanien opposés à l’enquête de la CPI

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Yoweri Museveni et John Magufuli ont vivement critiqué la décision autorisant l’ouverture d’une enquête sur des crimes contre l’humanité présumés au Burundi, a annoncé la présidence tanzanienne dans un communiqué.

Le président Magufuli de Tanzanie, justifiant leur osition, a souligné le 11 novembre, que « cette décision compromet les efforts déployés par la Communauté d’Afrique de l’est (EAC), qui a mis en place un comité chargé d’aider à la résolution du conflit burundais, sous la direction du président Yoweri Museveni et de l’ancien président tanzanien, Benjamin Mkapa ». Les chefs d’Etat ougandais et tanzanien se sont opposés à la décision de la Cour pénale internationale (CPI), au terme d’une rencontre dans l’ouest de l’Ouganda.

« La situation au Burundi n’est pas aussi mauvaise qu’elle a été décrite (par la CPI) car des nombreux réfugiés burundais en Tanzanie sont déjà rentrés chez eux tandis que d’autres continuent de rentrer », selon le président tanzanien. Le président Yoweri Museveni a condamné « la décision de la CPI qui se mêle des affaires de la Communauté d’Afrique de l’est sans associer ses dirigeants, ce qui compromet les efforts visant à restaurer la paix au Burundi », ajoute le communiqué.

Le chef de l’Etat ougandais, qui a été désigné par ses pairs comme facilitateur des difficiles négociations entre les parties burundaises, est actuellement président en exercice de l’EAC, regroupant la Tanzanie, l’Ouganda, le Kenya, le Rwanda, le Burundi et le Soudan du Sud.

Dans une décision rendue publique le 25 octobre, la CPI avait « autorisé le procureur (…) à ouvrir une enquête sur des crimes relevant de la compétence de la Cour qui auraient été commis au Burundi ou par des ressortissants burundais à l’extérieur de leur pays depuis le 26 avril 2015 et jusqu’au 26 octobre 2017 ». Cette autorisation concerne « le meurtre et la tentative de meurtre, l’emprisonnement ou la privation grave de liberté, la torture, le viol, la disparition forcée et la persécution ».

Le Burundi est plongé dans une grave crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé, en 2015, sa candidature à un troisième mandat, obtenu après une élection boycottée par l’opposition. La CPI estime que les violences qui ont accompagné cette crise ont engendré au moins 1 200 morts, la détention illégale de milliers de personnes et la torture de milliers d’autres, des centaines de disparitions ainsi que le déplacement de plus de 400 000 personnes entre avril 2015 et mai 2017.

 

 

Source : adiac-congo.com

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