Couleurs de chez nous. Patronyme

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C’est l’identité même de chaque personne. C’est l’identité de chaque famille. On le reçoit généralement du père qui, par ce geste, établit une relation avec sa descendance. De façon résumée, le patronyme est le premier élément d’héritage même si on a tendance à ne pas le présenter comme tel par le fait de l’habitude.

On parlera alors des familles Elenga, Malonga, Mezong, Tati, Ibara, Ngombé, etc. Un nom qui a d’abord été donné à un individu et qui se répercute sur chacun de ses enfants. Telle est la donne aujourd’hui. Parce qu’à l’époque, les choses se passaient autrement. On a pu observer que des personnes nées d’un même père portent chacune un nom spécial. Ce qui, dans la pratique, ne permet pas d’établir le lien entre un père et son fils ou sa fille.

Sans entrer dans les détails socio-anthropologiques, on note, par exemple, que deux facteurs militaient à l’attribution des noms : le contexte et la volonté de perpétuation du souvenir d’un aïeul. Selon que l’enfant naissait dans un contexte de guerres, de sécheresse ou d’abondance, on lui donnait un nom qui conjure le sort ou un nom porte bonheur. Il arrivait que l’on donnât à un nouveau-né le nom d’un membre de la famille qui venait de décéder. Ceci, pour perpétuer la mémoire du défunt. Bien plus : on peut donner à un enfant le nom d’un ancêtre en raison des vertus que ce dernier incarnait ou de l’aura que celui-ci avait sur la contrée.

On observe qu’à partir des années 1960, presque tous les enfants portent désormais le même nom : celui de leur père. Avec quelques spécificités complémentaires : le nom d’un grand-père, d’une grand-mère ou d’une tante. Cette mode a cet avantage de créer un lien entre tous les enfants en termes d’identification. Bien que certains noms soient assez répandus comme Makaya, Ntsiba ou Pambou, les chances sont grandes pour qui veut jouer aux devinettes de tracer le lien entre un enfant et son père rien que par le nom. « Tu es le fils d’untel qui travaille aux impôts ? En effet ! », peut-on entendre.

Par contre, à partir des années 1990, on assiste à une intense manipulation de noms dont nombreux commencent à perdre leur originalité. L’ajout des lettres considérées comme neutres. Le cas du H que l’on insère au début, au milieu ou à la fin. Et, surtout, des diminutifs pour détourner l’attention. Pour certains, il s’agit d’éviter aux enfants quelques velléités vengeresses dans des milieux hostiles au regard de notre histoire récente marquée du sceau de l’intolérance. Résultat chez les moins de 20 ans : des noms du genre Babind ; Ondziadh ; Ganz, Ongh ; Guess ; Diaz sans que l’on sache à quoi ils renvoient. Ou encore : Koukhat, Gollot, Balossate, Hockot, etc.

Pour tout dire, le nom est un patrimoine. En tant qu’identité, il ne devait pas subir les caprices d’individus. Pour preuve : le changement de nom ne se fait pas par un claquement de doigts ou un battement de mains. A l’ère de la globalisation, qui parle encore d’authenticité en Afrique ?

		

Source : http://www.adiac-congo.com/

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