Couleurs de chez nous : Bois noir

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Le complexe est une attitude humaine qui frappe aussi les Congolais. Le complexe pousse les uns et les autres à des actes parfois regrettables. Un exemple parmi tant d’autres : la dépigmentation de la peau chez les Noirs. Ce phénomène si ancré au Congo a nourri les magasins des produits cosmétiques et donné toute sa force à la publicité des produits éclaircissants.

Le complexe est tel que les Congolais ont longtemps préféré les femmes de teint clair à celles au teint naturel, donc noir. Or, de plus en plus, « la femme noire » par son teint, sortie de ce fameux complexe, sait promouvoir sa beauté et, partant, son teint. Parce que ces femmes restées naturelles étaient rares au Congo, elles étaient considérées comme des espèces précieuses.

D’où cette allusion au « bois noir » qu’est l’ébène. Ce bois dont nombre de sculpteurs se sont servi pour produire des œuvres de décoration. Beauté d’ébène ou bois noir : autant d’appellations pour cette Africaine qui a su demeurer telle surtout si cette conservation du teint rime avec le naturel des cheveux qui, eux, sont souvent victimes des mèches brésiliennes ou indiennes.

L’objet de cette chronique consiste à saluer ces Congolaises sans complexes qui ont réussi à attirer sur elles regards, respect et admiration. Le cas de « Mama moyindo ». Cette femme de teint noir qui tient commerce à Djambala. Anodin est l’exemple mais si l’on promène le regard, on s’apercevrait vite que cette attitude est à classer comme une revendication d’identité. Une manière de s’assumer et d’assumer sa couleur.

Il en est du teint comme il en est aussi de la taille. Car, longtemps, les grosses femmes étaient regardées avec désintérêt : les hommes préférant les femmes minces. Conscientes de leur sort et pour le conjurer, les « grosses » prirent l’initiative de se « vendre ». L’élection « Miss Mama kilo » permit à cette catégorie de femmes de retourner sur elles le regard fuyant et parfois méprisant des hommes.

Depuis, ces femmes ne passent plus inaperçues et leurs parades sur le macadam à l’occasion des célébrations (8 mars et 15 août) sont des plus applaudies.

Voilà les bannies d’hier en pleine rédemption juste parce qu’elles ont compris que ce qu’elles étaient est richesse. Alors, refusant de jouer les résignées ou les indignées, les « Mamas moyindo » et « Mamas kilo » ont su se « réintégrer » dans cette société congolaise faite de paradoxes.

L’autre exemple porte sur « Mama Mondélé » ou cette femme très claire au point de rivaliser la Blanche. En réalité, il s’agit des Blanches ratées mais sur qui pèsent des soupçons lorsque les parents sont essentiellement Noirs. Mais, souvent, il s’agit des métisses qui, au sein de la communauté congolaise, sont prises ni plus ni moins pour des Blanches avec tous les complexes qui entourent leurs vies.

Et pour finir ? Disons que les minces ne sont pas épargnées. Car trop minces, les femmes faisaient l’objet de critiques de la part des hommes et de sarcasmes chez leurs semblables. Des mots comme « canne à sucre » ou « spaghettis » illustrent bien cette querelle « Des goûts et des couleurs ».

		

Source : http://www.adiac-congo.com/

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