Coopération: la RDC veut adhérer à la Communauté de l’Afrique de l’est

0

Le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, a adressé, le 8 juin, une correspondance à l’attention de son homologue rwandais, Paul Kagamé, président en exercice de l’organisation sous-régionale afin que son pays devienne le septième État membre.

 

 

 

 

« Faisant suite aux échanges que nous avons eus, à Kigali d’abord et, plus tard, à Kinshasa, sur l’intention et l’intérêt que manifeste mon pays, la République démocratique du Congo, d’adhérer à la Communauté de l’Afrique de l’est, j’ai l’honneur de vous présenter, ce jour, la demande expresse de mon pays d’adhérer à ladite communauté. Cette requête fait suite aux échanges commerciaux qui ne cessent de croître entre les opérateurs économiques de la République démocratique du Congo et ceux des États de la susdite communauté », a notamment écrit le président congolais. 

Créée en 1967, la Communauté d’Afrique de l’est (CAE) est une organisation intergouvernementale composée de six pays : Burundi, Kenya, Rwanda, Sud-Soudan, Tanzanie et Ouganda. Son siège est à Arusha, en Tanzanie, et les langues officielles sont le swahili et l’anglais.

Fermée en 1977, la CAE est de nouveau opérationnelle depuis le 7 juillet 2000. Elle est une étape potentielle vers la création de la Fédération de l’Afrique de l’est, consistant en un seul État souverain regroupant les six pays.

En 2010, la CAE a lancé son propre marché commun pour les biens, le travail et les capitaux dans la région, dans le but de créer une monnaie commune et, éventuellement, une fédération politique complète. En 2013, un protocole décrivant les projets de création d’une union monétaire dans dix ans avait été signé.

En septembre 2018, un comité a été formé pour entamer le processus de rédaction d’une constitution régionale. La République démocratique du Congo (RDC), le Malawi et la Zambie avaient été invités à rejoindre l’organisation en 2010. Mais aucun des trois pays n’avait donné suite à cette offre.

La CAE permet le libre-échange entre les États membres de la SADC (Afrique australe) et le Comesa (Marché commun de l’Afrique orientale et australe), deux organisations dont fait déjà partie la RDC.

Une communauté prospère, malgré les difficultés

La CAE est composée de pays dont les économies figurent parmi les plus prospères du continent, grâce notamment à une forte croissance du produit intérieur brut (PIB) de ses pays membres. La croissance dans ces pays est notamment tirée par les services tels le tourisme, les télécommunications et les technologies de l’information. Selon le rapport « Perspectives économiques en Afrique de l’est 2019 » de la Banque africaine de développement (BAD), En 2018, le PIB réel de cette sous-région  a atteint environ 5,7 %, contre 5,9 % en 2017, mais il était le plus élevé dans les régions africaines. A cet effet, souligne le document, la croissance économique devrait rester forte et se situer à 5,9 % en 2019 et 6,1 % en 2020.

L’Éthiopie, le Rwanda, la Tanzanie, le Kenya et Djibouti affichent les taux de croissance les plus forts. En Éthiopie et au Rwanda, la croissance du PIB réel a été soutenue par l’industrie et les services. En Tanzanie et au Kenya, le secteur des services a également stimulé la croissance, devant le secteur agricole, principal moteur de croissance du côté de l’offre. Du côté de la demande, la consommation est restée le principal vecteur de croissance en Afrique de l’est.

Une économie boostée par de nombreuses infrastructures

Les pays de l’Afrique orientale ont également investi dans les infrastructures pour booster leurs économies : routes, autoroutes, chemins de fer, métros, barrages, centrales électriques, etc. Ainsi, en mai 2017, le Kenya a inauguré une ligne ferroviaire reliant la capitale Nairobi à Mombasa, positionnant le pays comme porte d’entrée de l’Afrique de l’est. Il s’agit du plus important projet d’infrastructure construit dans le pays depuis l’indépendance en 1963. La région compte également le premier chemin de fer électrique en Afrique (750 Km) qui relie Addis-Abeba, capitale de l’Éthiopie, à Djibouti. Par ailleurs, le plus grand barrage hydro-électrique d’Afrique est également en construction en Ethiopie.

Ainsi, même si les pays de l’Afrique de l’est sont encore exposés à de nombreuses difficultés (sécheresse, pauvreté, faible niveau démocratique dans certains cas, etc.), leurs économies diversifiées et peu exposées à la baisse du prix des matières premières leur permettent de résister aux chocs extérieurs et de se maintenir à la première place des régions du continent.

Légendes et crédits photo : 

Les présidents congolais et rwandais

Source : http://www.adiac-congo.com/

Laisser un commentaire