Conflit en RDC: la résurgence des attaques de milices accroit les tensions à l’approche des élections

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Le week-end dernier, une dizaine de personnes ont été tuées dans la province de l’Ituri, dans le nord-est du pays. Ces actes de violence font craindre la résurgence du vieux conflit entre les groupes ethniques Hema (éleveurs) et Lendu (agriculteurs).

Dans la province voisine du Nord-Kivu, le directeur de la prison de Kiwanja (Rutshuru) et son épouse ont été tués par balle dans la nuit de dimanche à lundi. Six « Maï-Maï » présumés ont par ailleurs été maîtrisés dimanche par les forces de sécurité alors qu’ils se trouvaient nus avec des armes blanches dans les rues de Butembo.

Et au Sud-Kivu, l’armée a reconnu avoir opéré un repli stratégique dimanche face à des rebelles qui se sont emparés de petites localités dans le territoire de Fizi.

La lutte armée pour une meilleure gouvernance ?

Joint par la DW, le Porte-parole des FARDC, les forces armées congolaises, le capitaine Mak Hazukay a confirmé ce regain de violence, sans dévoiler quelles sont les mesures prises pour l’endiguer.

Jackson Bwahasa est un défenseur des droits de l’Homme basé à Beni-Lubero. Il explique les raisons de cette multiplicité de groupes armés.

« La plupart de ces groupes armés sont liés à des ethnies et sont dans la défense de leurs ethnies. Il se peut qu’il y ait une manipulation de certains politiciens qui utilisent ces milices pour des revendications politiques. On commence à voir certains groupes armés qui revendiquent la bonne gouvernance. Dans le territoire de Lubero, par exemple, ce sont les groupes armés dans certains villages qui ont eu à protéger les kits électoraux lors de l’enrôlement des électeurs. »

Des « faux » Kamwina Nsapu au Kasaï

Jusqu’à un passé récent, les deux provinces du Kasaï étaient en proie aux combats entre les miliciens Kamwina Nsapu et les soldats loyalistes. Des combats qui ont fait plus de 3.000 morts et 1,4 million de déplacés entre septembre 2016 et mi-2017.

Le calme semble revenu, selon le député de Kananga, Claudel André Lubaya, président national de l’UDA/Originell, un parti d’opposition.

« Dans la ville de Kananga (Ndlr, le chef-lieu de la province du Kasaï-Central, au centre de la RDC), le calme est revenu. Il n’y a plus de problèmes de milices comme avant. Maintenant, il y a des bandits qui se font passer pour des Kamwina Nsapu. Des miliciens qui s’étaient retranchés, il y en a qui se sont rendus vendredi aux autorités civiles et militaires avec armes et hommes. »

Juste après cette reddition, une position de l’armée a été attaquée par des hommes armés, à 15 kilomètres de Kananga, le chef-lieu de la province du Kasaï-Central. L’attaque a fait plusieurs morts.

Source: http://www.mediacongo.net/

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