Conflit avec Glencore : la Gécamines obtient une conversion de dettes en actions

0

Katanga Mining, filiale de Glencore, a déclaré, le 12 juin, avoir accepté un plan de recapitalisation de Kamoto Copper Compagny (KCC), la coentreprise avec la Gécamines dont elle détient 75%, via une conversion de dette de 5,6 milliards de dollars en actions.

La conversion de dettes en actions doit combler un manque à gagner dans la KCC et mettre un terme à un différend avec la Gécamines, la compagnie minière publique de la République démocratique du Congo (RDC) qui souhaitait la dissollution de KCC. Par ailleurs, indique financialtimes.com, Katanga Mining a également accepté de verser à la Gécamines un montant unique de cent cinquante millions de dollars relatif à des litiges commerciaux ainsi que quarante et un millions de dollars pour couvrir les dépenses engagées dans le cadre d’un programme d’exploration. La Gécamines sera également libérée de l’obligation de rembourser cinquante-sept millions de dollars de coûts contractuels et de remplacer ou de fournir une compensation financière pour les réserves minérales évaluées à deux cent quatre-vingt-cinq millions de dollars. En retour, la Gécamines va mettre fin à son action en justice intentée depuis le 20 avril dernier pour solliciter du Tribunal de commerce de Kolwezi la dissolution de KCC. La Gécamines accusait son partenaire Katanga Mining (actionnaire majoritaire dans KCC) d’avoir établi un mécanisme qui lui a permis de bénéficier seul de la trésorerie et de la richesse de KCC.

L’entreprise minière publique de la RDC avait déclaré avoir enregistré un manque à gagner de quatre milliards de dollars américains pendant dix ans et souhaitait reprendre les licences minières de KCC. Selon la Gécamines, Glencore n’avait pas réussi à réduire des milliards de dollars de prêts intersociétés, réduisant ainsi la capacité de KCC à verser des dividendes. L’accord annoncé mardi par Katanga Mining, qui devrait être effectif dans deux semaines, verra la dette de KCC chuter de plus de neuf milliards de dollars à 3,45 milliards de dollars et le taux d’intérêt sur les prêts intersociétés réduit. KCC est l’un des principaux actifs de croissance de Glencore, qui devrait produire trois cent mille tonnes de cuivre et trente-quatre mille tonnes de cobalt en 2019. Elle est détenue à 75% par Katanga Mining, filiale de Glencore inscrite au Canada, et à 25% par la Gécamines. Paul Gait, analyste chez Bernstein Investment Research, a déclaré à « Reuters » considérer le prix obtenu comme « faible » mais que cela écarte un risque. « Cela montre qu’une discussion commerciale peut être menée de manière rationnelle et qu’on peut aboutir à une solution où les deux parties peuvent avancer », a-t-il indiqué.

Pour leur part, les analystes de JP Morgan, toujours cités par « Reuters », ont déclaré voir cela comme un développement positif pour Glencore qui évite le risque d’une dissolution d’une filiale qui représente 10% de son Ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement). A en croire « Reuters », les investisseurs surveillaient le dossier de près en raison de son impact sur les approvisionnements en cobalt en provenance de RDC, de loin le premier producteur mondial de ce métal utilisé dans les batteries pour téléphones mobiles et pour automobiles. Glencore produit plus d’un quart des approvisionnements mondiaux en cobalt, essentiellement en provenance de la RDC, qui fournit lui-même 60% de la production mondiale.

Légendes et crédits photo : 

Photo 1 Le siège de la Gécamines
Photo 2 Vue d’un gisement de la Gécamines

Source : http://www.adiac-congo.com/

Laisser un commentaire