Commune de Mont Ngafula: les jeunes du quartier « Série 10 » de plus en plus engagés politiquement

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Ce quartier de la commune de Mt Ngafula situé dans la périphérie kinoise fait partie de nouveaux lotissements initiés il y a quelques années par l’autorité foncière. Dans ce bas quartier urbano-rural où les indices de développement sont à rechercher à la loupe, les jeunes semblent de plus en plus s’interresser à la politique dans un élan d’éveil citoyen qui ne manque pas de laisser des traces…  

Une sorte de résignation collective gangrène les consciences. Sans eau ni électricité, la population de « Série 10 » mène une vie aux antipodes des exigences citadines. En pleine capitale, ils tentent d’imprimer un mode d’existence et un style de vie arriérés, reflétant des réalités du terroir d’où ils proviennent pour la plupart. Déjà confrontés à une précarité existentielle qu’ils ont intégrée bien malgré eux dans leur style de vie, convaincus que l’Etat n’existe que pour les autres, les habitants de « Série 10 » sont dorénavant obligés de faire face à une nouvelle réalité : l’engagement politique aigu des jeunes. Jamais le quartier, réputé bastion de l’opposition, ne s’est aussi mal porté avec, à la clé, des actions de rue qui mettent constamment en mal la quiétude des habitants.

Classée zone rouge, ce bas quartier de Kinshasa est en ébullition depuis que le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement a décidé d’initier une série d’actions de rue pour réclamer l‘application de l’accord du 31 décembre. Des jeunes gens politisés à outrance sont quotidiennement mis à contribution pour relayer les messages de l‘opposition, plus que jamais déterminée à en découdre avec un pouvoir visiblement déterminé à ne pas lâcher du lest.   Pendant qu’affluent des messages de dissuasion exhortant les jeunes à ne pas se laisser instrumentaliser par des politiciens véreux en quête de positionnement, ceux de « Série 10 » préfèrent se lancer à corps perdu dans le combat pour l’alternance, coachés par d’autres jeunes un peu plus éveillés politiquement.              

Un nom est cité dans la foulée. Pelagie Mayambu. Cette dernière – financée par des structures mues par le souci d’encadrer politiquement des jeunes – passe pour le cerveau-moteur des fréquents appels à la désobéissance civile et d’autres actions similaires commises dans cette juridiction au nom d’une certaine opposition. Depuis la ville-morte décrétée par le Rassemblement le 3 avril à la dernière marche pacifique réprimée du 10 avril, les jeunes de « Série 10 » sont toujours à la manœuvre, donnant fréquemment du fil à retordre aux forces de l‘ordre. Incarcérée le 03 novembre 2016, (soit vingt-trois jours après l’arrestation de sa sœur Gloria Mayambu écrouée au motif d’avoir perturbé l’ordre public et d’incitation à la violence), Pélagie jouerait un rôle très actif dans le recrutement, la mobilisation et la formation des jeunes dans une perspective d’éveil patriotique et citoyen. Issue d’une famille dont le passé révèle le regret, elle fait partie de cette catégorie des jeunes politiquement engagés qui luttent pour le triomphe des idées progressistes.  

A tout prendre, la situation des habitants de « Série 10 » s’insère dans un contexte général d’effervescence politique caractérisé par l’échec des négociations directes Opposition-Majorité tel que reflété par la non signature des arrangements particuliers liés à la mise en œuvre de l‘accord du 31 décembre.   

Source : adiac-congo.com

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