Commission mixte sur les manifestations publiques : des ONG rejoignent les travaux

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La décision des associations concernées est motivée par le début d’application de certaines de leurs recommandations par les autorités nationales.

Le 11 avril, six associations congolaises de défense des droits de l’homme suspendaient leur participation aux travaux de la commission mixte avec le gouvernement, estimant que leurs recommandations restaient « non appliquées » dans le pays. Dans une intervention à la presse, le président national de l’Association congolaise pour l’accès à la justice, Me Georges Kapiamba, avait notamment déploré que rien n’avait été fait, faisant notamment allusion à la non « prise en charge effective » de tous les blessés par balles.

Cependant, dans une correspondance du 25 avril qu’elles ont adressée à la ministre des Droits humains, ces six ONG sont revenues sur leur décision. En effet, elles viennent d’annoncer leur retour aux travaux de la commission mixte instituée en vue de faire la lumière sur les violations des droits humains enregistrées lors des marches de décembre 2017 et janvier 2018 organisées par les laïcs catholiques. Elles justifient leur décision par le constat d’un début d’application de certaines de leurs recommandations faites dans le cadre de cette commission. « Nos organisations ont noté avec satisfaction le début de la prise en charge médicale des blessés et de l’encadrement du rassemblement politique de l’UDPS du 24 avril 2018 », ont fait observer ces associations.

Présidée par la ministre des Droits humains, cette commission regroupe des délégués des ministères des Droits humains et de la Justice, de la Commission nationale des droits de l’homme, de la société civile, du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme et du Bureau de liaison de l’Union africaine. Elle avait recommandé la levée de l’interdiction des réunions et des manifestations à quelques mois des échéances électorales ainsi que la libération des manifestants arrêtés les 31 décembre et 21 janvier.

La mise en application de dix-neuf recommandations

 Les six ONG signataires de la correspondance ont renouvelé leur demande sur la mise en oeuvre de toutes les dix-neuf recommandations, en particulier celle de la libération des membres du mouvement citoyen Filimbi détenus actuellement à l’Agence nationale de renseignement. Elles ont également déploré la répression sanglante, le même jour (25 avril 2018) à Beni, de la marche pacifique des militants de la Lucha par des agents des services de l’ordre. Elles ont, enfin, sollicité du vice-Premier ministre et ministre chargé de l’Intérieur, la libération de quarante-deux de ces militants qui seraient arrêtés et l’ouverture d’une enquête à cet effet afin de poursuivre les auteurs de ces violations des droits de l’homme.

Les signataires de cette lettre sont notamment l’Acaj, les Amis de Nelson Mandela pour la défense des droits humains, la Voix des sans-voix pour les droits de l’homme, l’Action internationale de développement pour la défense des droits humains, Filles et femmes en action pour la promotion, la protection et la défense des droits humains ainsi que le Réseau de protection des défenseurs des droits de l’homme, des victimes, témoins et professionnels.

 

Légendes et crédits photo : 

La lettre envoyée à la ministre par les ONG

Source : http://www.adiac-congo.com/

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