Clément Kanku impliqué dans les massacres au Kasaï, affirme New York Times

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Dans un long article publié samedi 20 mai, le New York Times affirme que l’experte des Nations Unies Zaida Catalán, assassinée en mars dernier avec son collègue américain Michael Sharp, détenait un enregistrement audio prouvant l’implication de l’ex-ministre Clément Kanku dans les massacres au Kasaï.

Le New York Times affirme que des documents conservés sur l’ordinateur de Zaida Catalán établissent que cette dernière enquêtait sur le rôle supposé de Clément Kanku dans l’incitation à la violence dans la crise au Kasaï, où l’armée affronte des miliciens du chef coutumier Kamuina Nsapu, tué en août 2016 dans une opération policière. 

M. Kanku aurait donc eu des liens étroits avec les combattants de la milice. Ce qui aurait conduit à sa nomination au poste du ministre du Développement par le président Joseph Kabila, dans le but de mettre fin à cette insurrection. 

« Mme Catalán a conservé 130 fichiers dans un dossier sur son ordinateur sous le nom de M. Kanku. Parmi eux, il y avait une conversation téléphonique enregistrée dans laquelle il [M. Kanku] semble discuter de mettre le feu à une ville [village] de la région, Tshimbulu, avec un subordonné. Ils parlent des assassinats ciblés d’un colonel et d’autres fonctionnaires, et d’un chaos général« , renseigne New York Times.

« Nous avons brûlé Tshimbulu », dit un subordonné. « Il est bon que nous brûlions tout;C’est une bonne nouvelle », répond M. Kanku.

« Le colonel est dans sa maison, et nous brûlons la maison afin qu’il brûle jusqu’à la mort« , ajoute le subordonné. M. Kanku demande: « Avez-vous tué les gardes du corps du colonel? » « Oui, nous battons ses gardes du corps sur la tête avec nos matraques« , répond le subordonné.

New York Times affirme ne pas savoir comment Mme Catalán a obtenu cet enregistrement téléphonique. Citant néanmoins ses collaborateurs, le très sérieux média américain affirme que M. Kanku savait qu’elle avait le fichier audio. « En fait, elle avait dit à M. Kanku qu’elle l’avait (..) et devait discuter avec lui après son voyage dans la brousse [le voyage ayant conduit à son assassinant]« , révèle New York Times.

Lorsqu’il a été contacté par The New York Times, M. Kanku a initialement nié, puis a confirmé qu’il avait été en contact avec les experts. « J’ai parlé avec l’homme; la femme, je ne lui ai pas parlé« , a répondu le député congolais. Avant de changer de version: « Je pense que j’ai également parlé avec la femme, mais je ne suis pas certaine parce que beaucoup de gens m’appellent « .

Source : Politico CD

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