CLC : après les marches, place au front diplomatique ?

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Enfin, le comité Laïc de Coordination donne de la voix après la marche appelée le 25 février 2018. Dans une déclaration signée lundi 12 mars, cette structure des laïcs catholiques, après une série de trois marches, marque une trêve, le temps de ruminer les victoires obtenues par le biais de ces manifestations.

Tout en mettant une pause à l’activation de la rue, le CLC, dans cette déclaration portant le titre : « nous irons jusqu’au-bout », comptabilise et répertorie une série de 10 victoires, selon son entendement, face au Pouvoir à travers la « réussite » des marches du 31 décembre 2017, 21 janvier et 25 février 2018. 

Une messe pour les « martyrs de l’Accord de la saint Sylvestre »

Bien loin d’abandonner sa lutte pour la mise en œuvre des dispositions en souffrance de l’Accord de la Saint Sylvestre, le Comité Laïc de Coordination convie le peuple congolais à demeurer ensemble pour la continuité. Une suite qui va se faire notamment à travers prières, opération cloches, sifflets, vuvuzelas, sensibilisation puis, aussi, la bataille sur le champ diplomatique.

Cette structure reconnue par l’Eglise Catholique qui prend le devant sur la scène politique, convie d’ores et déjà l’opinion à une messe de suffrage ce vendredi 16 mars 2018 en mémoire des morts de la marche du 25 février dernier. C’est à la Cathédrale Notre Dame du Congo, à Kinshasa, que cette célébration eucharistique dédiée à ceux qui sont dorénavant désignés comme « martyrs de l’Accord de la saint Sylvestre » devra avoir lieu dès 10 heures.

Les agendas à venir

En ce mois de mars, deux rendez-vous hautement diplomatiques ont placé la République Démocratique du Congo en ligne de mire. Il s’agit, évidemment, d’une toute prochaine résolution sur le pays qui devra être prise au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Où, à tout dire, les dessous des remous de la situation politico-électorale du Congo pousseraient à une requalification du mandat de la Monusco.

A la suite de la demande des évêques catholiques d’une certification de la machine à voter, d’aucuns se posent la question de savoir si l’ONU ne va pas incorporer cette prérogative dans la feuille de route de la Monusco qui est déjà aux cotés de la centrale électorale congolaise pour l’aider à faire face aux défis logistiques par rapport au cheminement du processus électoral en cours.

Au-delà de ce point, certaines personnes susurrent autour d’une extension de cette possibilité de certifier non plus que la machine à voter d’usage ce 23 décembre pour des élections, mais, aussi, les verdicts même des urnes.

En Côte d’Ivoire, le pays de Laurent Gbagbo et Ouattara, ce mécanisme était d’application. Et, l’histoire des démêlés électoraux en Afrique saura éclairer les esprits et tracer les perspectives si une telle option passait à New York sur le Congo de Lumumba. Dans un tel décor, il appert que le champ d’action diplomatique du CLC et Compagnie, outre la volonté de voir les échauffourées survenues suite aux marches, être sur la table, est presque tracé.

Cela, surtout que la machine à voter est perçu comme machine à tricher de la CENI en faveur du pouvoir, ensuite parce que les élections de décembre, elles-mêmes, sont redoutées comme boutiquées d’avance dès lors que Nangaa et ses compères trônent à la commission électorale et que ce soit le Pouvoir en place, qui détient les rennes de l’intérieur et bien d’autres arcanes, qui chapeaute institutionnellement parlant les opérations.

Qu’est-ce que produira le front diplomatique du CLC ? Qui vivra, verra…

Source : Media Congo

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