Ciment : Depuis la reprise de la CILU, les cimentiers se livrent une guerre des prix

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Selon l’Association des distributeurs de ciments de la place, la baisse du prix résulte du fait que l’offre surabonde par rapport à la demande. Mais la Fédération des entreprises du Congo (FEC) soupçonne la reprise des importations du ciment en violation de l’arrêté d’août 2018 du ministre du Commerce extérieur. Une entreprise des constructions, renseigne-t-on à la FEC, a bénéficié de l’État une dérogation pour importer du ciment et des bars de fer pour réaliser des projets de construction dans la partie est du pays. 

Alors que ses chantiers lambinent, l’entreprise en question entreprendrait d’écouler ses matériaux de construction plutôt à l’Ouest. L’opinion se rappellera qu’en 2007, le gouvernement avait décidé d’exonérer les importations du ciment gris pour soutenir le programme de construction des infrastructures connu sous l’appellation « 5 Chantiers ». Mais certaines des entreprises bénéficiaires de ces partenariats ont profité des exonérations pour importer du ciment destiné à la commercialisation.

L’activité reprend à Lukala

Toutefois, des distributeurs de ciment rapportent que la Cimenterie de Lukala (CILU) a repris sa production depuis quelques semaines. Il sied, en effet, de rappeler que l’État congolais a décidé de reprendre des participations à la Cimenterie de Lukala (ainsi qu’à la Sucrerie de Kiliba). Pour ce faire, le ministère du Portefeuille devrait y injecter 23 274 370 076 FC, soit 13 316 380,65 dollars. La concurrence a certainement une incidence sur les prix de vente et de revente. Même dans la partie est du pays, l’industrie du ciment enregistre un développement considérable. 

Fin 2018, l’Est comptait encore une seule cimenterie qui produisait en quantité insuffisante du ciment gris, donnant ainsi lieu à des spéculations sur le prix de ce produit sur le marché local. Actuellement, cette partie du pays en compte deux, qui fonctionnent, et une troisième en voie de réhabilitation. Le secteur des bâtiments et travaux publics se reprend après une décote de -0,7 point sur la croissance en RDC en 2017, lit-on dans un rapport du ministère du Budget. Dans la foulée, le nombre d’entreprises de construction est en nette augmentation depuis 2018.

 
Selon les estimations de la Commission des études statistiques et des comptes nationaux (CESCN), sur base des réalisations à fin février 2017, le secteur secondaire connaîtra, en effet, une performance en 2018 et 2019. Qui sera essentiellement due à la bonne tenue attendue de la branche Bâtiments et Travaux publics. Elle devrait connaitre un renversement de tendance de 0,2 point en 2017, contre -0,7 point en2016. L’entrée en production de deux nouvelles cimenteries aura été déterminante pour le secteur du génie civil, selon la CESCN. Ces cimenteries devraient produire à terme 2,2 millions de tonnes de ciment par an, à raison de 1,0 million pour le PPC Barnet et 1,2 million pour la Cimenterie Kongo (CIMKO). 

Selon les chiffres officiels, le besoin en ciment gris en RDC est estimé à environ 3 millions de tonnes par an, la production locale annuelle qui ne dépassait guère les  500 mille tonnes, titillerait les 3 millions de tonnes à ce jour. Au moins 16 projets de construction de cimenterie existent au Kongo-Central, notamment dans la région de Matadi, Kasangulu et Songololo. Pour ce faire, la Société nationale d’électricité (SNEL)  a également renforcé et porté 100 MW la capacité du poste de Kwilu, sur la ligne très haute tension Inga-Kinshasa. Ce poste reçoit, en effet,  du courant de deux centrales hydroélectriques d’Inga. 

Le renforcement de la puissance du poste de Kwilu a permis également de fournir une énergie stable et suffisante aux entreprises de la région, dont les cimenteries de CILU, CIMKO et PPC. Mais pour ce qui est de la cimenterie de Maïko, le ministère de l’Industrie a annoncé le démarrage à moyen terme, dans la province de la Tshopo, des travaux d’implantation de la cimenterie débaptisée  « CIMASAT ». Selon les experts du ministère de l’Industrie, les obstacles qui entravaient la mise en œuvre de cette cimenterie ont été levés, indiquant que la société existe sur le plan juridique, le comité d’opérationnalisation est redynamisé, les demandes de titres miniers effectuées, l’invitation de la firme SATAREM lancée et la convention de financement signée entre le gouvernement et le Fonds de promotion industrielle (FPI) ainsi que l’Office des routes (OR). Évoquant la situation du matériel importé pour l’ancien projet de la cimenterie de Maïko, datant de 2005 avec une capacité de production annuelle de 150 000 tonnes de ciment, le ministre de l’Industrie a laissé entendre que ce matériel existe, précisant qu’un point focal de coordination est en place dans la province de la Tshopo et qu’une partie du matériel est entreposée à Kinshasa. Ce matériel va être affecté à un autre projet de même nature dans une autre partie du pays à déterminer. 

La CIMASAT, fusion de l’ancienne cimenterie de Maïko et la firme SATAREM, est financée dans le cadre d’un nouveau  projet, avait fait comprendre Ilunga Leu, le ministre de l’Industrie,.  Il a fait remarquer que la cimenterie de Maïko n’est pas politique mais un projet visant créer d’emplois directs et indirects et à réduire le coût du sac de ciment gris sur le marché de Kisangani et de ses alentours. Comme par effet domino, les demandes d’agrément des entreprises de construction ont explosé ces derniers mois.

Source: http://www.mediacongo.net/

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