Centrafrique : la France déploie des drones tactiques dans le pays

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L’armée française vient de concrétiser sa promesse faite en septembre 2016 par l’ex-ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, d’envoyer des drones en Centrafrique, un pays en proie aux violences intercommunautaires et entre groupes armés rivaux.

Ces drones vont appuyer la mission militaire des Nations unies (Minusca), comme l’a annoncé la Minusca et l’état-major des armées françaises. « Les armées françaises ont proposé à la direction des opérations de maintien de la paix de l’ONU, la contribution d’une unité de drones tactiques au sein de la force de la Minusca », a indiqué mercredi le porte-parole de la mission militaire des Nations unies, Vladimir Monteiro, dans un communiqué. « Les drones tactiques – et pas de combats – doivent servir à des missions de renseignement, afin de « mieux appréhender la menace que font peser certains groupes armés sur les populations civiles et l’intégrité territoriale », a ajouté Vladimir Monteiro.

L’état-major des armées françaises a confirmé cette information et précisé que « depuis le 20 mai, le détachement, composé d’une centaine de militaires, est pleinement opérationnel et met en œuvre des drones SDTI du 61e Régiment d’artillerie de l’armée de terre stationné à Chaumont ». Ces drones représentent une nouvelle forme de l’engagement des armées françaises en Centrafrique, selon l’état-major, qui rappelle que 50 militaires français sont présents au sein de l’EUTM-RCA, une mission de formation de l’armée centrafricaine mise en place par l’Union européenne.

Réagissant dans le journal Ouest-France à l’envoi des drones en Centrafrique, Thierry Vircoulon, spécialiste de la région et chercheur à l’Institut français des relations internationales (IFRI) a dit que ce déploiement ne servira à rien. « Un drone est juste une caméra avec des ailes, après si la force sur le terrain n’est pas réactive (NRD : les Casques bleus de l’ONU sont une force défensive), ça ne sert pas à grand-chose d’avoir les infos visuelles », a-t-il estimé.

La Centrafrique peine à se relever du conflit de 2013 débuté avec le renversement de l’ex-président François Bozizé par les rebelles de la Séléka, suscitant la contre-offensive des milices d’autodéfense anti-balaka. C’est grâce à l’intervention de la France avec la mission Sangaris (décembre 2013 – octobre 2016) et de la Minusca qui compte environ 12.500 hommes que le pays a retrouvé le calme dans la capitale Bangui, mais pas dans l’intérieur du pays qui connaît un regain de violences depuis novembre.

Source : adiac-congo.com

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