Cémac : la Guinée Equatoriale ferme sa frontière avec le Cameroun

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Aucune communication officielle n’a circulé sur la décision de Malabo, pourtant effective depuis le mois dernier, alors qu’il avait auparavant libérer la circulation des biens et des ressortissants de la sous-région.

 

Frontière fermée. Rien ne parvient jusqu’au Cameroun, tant que Malabo a verrouillé sa lisière, après avoir affirmé, fin décembre, avoir déjoué un « coup d’Etat » contre le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Un groupe de « mercenaires » avait été arrêté par la police camerounaise transportant des armes et des tenues militaires, une somme de presque deux millions de F CFA chacun et deux cents cagoules, à bord d’un autocar qui se dirigeait vers la Guinée Equatoriale.

Dans un communiqué publié le 17 octobre dernier, les autorités équato-guinéennes soulignaient que l’ouverture des frontières avait été prise conformément à l’acte additionnel de la zone économique « du 25 juin 2013 portant suppression du visa pour tout ressortissant de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac) circulant dans l’espace communautaire ». Mais depuis décembre, la Guinée Equatoriale déroge à cette mesure, sans doute pour des raisons de sécurité. « Les autorités équato-guinéennes ont ordonné la fermeture de la frontière, le temps de voir plus clair dans ce qui apparaît comme une menace de déstabilisation de la Guinée Equatoriale », a indiqué une source anonyme.

Appliquée pour des raisons sécuritaires, la fermeture des frontières aura un impact sur l’économie des deux pays. La ville de Kye Ossi, du côté camerounais de la frontière avec la Guinée Equatoriale, vit au ralenti et se tourne vers sa voisine guinéenne, Ebibeyin. Pour les commerçants de Kye-ossi, ville frontalière, ce blocus a de nombreuses conséquences économiques. De sources concordantes, des camions de vivres frais sont stationnés le long des trottoirs, attendant désespérément le feu vert des autorités pour acheminer leurs cargaisons. Les vendeuses de vivres ne manquent pas d’exprimer leur mécontentement. Malgré ces plaintes, les militaires maintiennent ce point de passage fermé.

Alors que les enquêtes avaient commencé à Ebolowa, au sud du Cameroun, sur « hautes instructions » du chef de l’Etat camerounais, Paul Biya, ces individus interpellés seraient en voie d’acheminement vers Yaoundé, la capitale, pour des « enquêtes plus appropriées ». La fermeture de la frontière intervient, moins de deux mois, après la décision du gouvernement équato-guinéen de pratiquer la libre circulation des personnes et des biens aux ressortissants de la Cémac.

Source : adiac-congo.com

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