CEEAC : dix millions d’armes légères circulent illégalement

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La situation a occasionné, en dix ans, la mort de vingt mille personnes au sein de l’organisation sous-régionale en proie à de violents conflits armés.

« Environ vingt mille personnes ont été tuées en dix ans à cause des armes légères et de petits calibres » dans cette zone minée par d’innombrables foyers de tension, a alerté un responsable de l’ONU, le 11 juin à Yaoundé (Cameroun), qui a estimé à plus de dix millions le nombre de ces armes en circulation illicite.

Les chiffres avancés soulignent l’ampleur des trafics associés à la circulation illicite de ces armes au sein de cette organisation régionale composée de onze pays d’Afrique centrale. « Trois de ces pays, le Burundi, la Centrafrique et le Congo-Kinshasa, à cause de violents conflits armés enregistrés sur leurs territoires respectifs, sont cités comme les plus touchés par ce phénomène en Afrique, continent qui recense cent millions des armes évoquées sur un total d’environ huit cent soixante-quinze millions répertoriées dans le monde », selon les estimations.

Pour Ivor Richard Fung, secrétaire général de la conférence de Kinshasa, la porosité des frontières des pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) représente l’une des causes de ce phénomène, avec le déficit de sécurité physique des stocks d’armes et de munitions légaux et l’absence d’un mécanisme de contrôle des flux d’armes dans la zone. « Nous avons vu des cas où les magasins d’armes ont été vandalisés, donc il y a eu une fuite, une sorte de diversion des armes légalement tenues par les Etats et qui se retrouvent au sein de la population civile. Nous avons également le fait qu’il y a des fabrications d’armes qui ont poussé dans certains Etats », fait-il observer.

Small arms survey évoque aussi le cas des milliers d’armes et des millions de munitions dérobées par des groupes armés aux forces de maintien de la paix. L’organisme de recherche indépendant estimait à plus de six milliards de dollars américains le commerce international des armes légères en 2014.

« De même, plus de cinq cent mille explosions ont été enregistrées à la suite de la fabrication ou de l’utilisation de ces armes » dans le monde, a souligné Lejeune Mbella Mbella, ministre camerounais des Relations extérieures, à l’ouverture de la première conférence des Etats parties à la Convention de Kinshasa, dont les discussions s’étaleront sur trois jours jusqu’au 13 juin sur le thème « L’accès des acteurs non-étatiques aux armes légères et de petit calibre : une menace pour la paix et à la sécurité des Etats de l’Afrique centrale ».

En vigueur depuis le 8 mars 2017 après son adoption sept ans auparavant, cet instrument juridique international milite pour le contrôle des armes légères et de petit calibre, de leurs munitions et des composants et pièces pouvant servir à leur fabrication, réparation et assemblage au sein des pays membres de la CEEAC.

Au cours de cette rencontre, les représentants de ces pays se sont donné rendez-vous à Yaoundé pour faire avancer la concrétisation des mesures mises en place afin d’endiguer la prolifération de ces armes, notamment celles aux mains de groupes armés et de civils non autorisés.

Source : http://www.adiac-congo.com/

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