Casse-toi pauvre Samy: l’honneur perdu d’un neveu de Tshisekedi

0

Le contre-pied était parfait. Le 17 novembre, alors que tout le monde, y compris lui-même, s’attendait à une nomination de Vital Kamerhe au poste du Premier ministre, Joseph Kabila et ses stratèges en ont décidé autrement.

« Vital Kamerhe était fou de rage. Il avait rencontré le Président [Kabila] quatre fois, ils ont même tout planifier. Les ambassades occidentales étaient au courant. Dans leur dernière rencontre, Kabila à dit à VK [Vital Kamerhe]: je ne veux pas avoir deux coqs dans la basse cours, et VK lui a rassuré… on ne comprend plus rien« , confiera même un proche de Vital Kamerhe anonymement à un journaliste de POLITICO.CD.

Néanmoins, il aura suffi qu’Albert Yuma, un proche du Président, n’appelle l’autorité morale de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) pour le calmer: « nous savons ce que nous faisons, tranquillises-toi », révèle notre interlocuteur.

En effet, Joseph Kabila savait ce qu’il faisait. Alors qu’un nouveau Dialogue se profilait à l’horizon, alors même qu’une ordonnance portant nomination d’un nouveau locataire à la Primature a été publiée, il fallait bien que quelqu’un puisse « chauffer le banc », avant un vrai candidat. Et dans cette pirouette politique à jalouser feu Maréchal Mobutu,  le neveu d’Étienne Tshisekedi, son chauffeur personnel durant la présidentielle de 2011, sera le malheureux élu.

Contre toute attente, et en parfaite connaissance de causes, celui-ci se fera passer pour plus que ça. D’abord un éloquent discours à l’investiture en décembre dernier au Parlement, suivi de la présentation d’un programme gouvernemental en bonne et due forme: l’homme promet en passant de développer le Congo; une tâche que ni Matata, encore moins Muzito… n’ont pu réaliser.

Il s’en fou! Puisqu’il y est, il y reste. Il bombe le torse. Il ose même s’opposer à l’accord du 31 décembre, refusant de démissionner. Comme l’autruche, Badibanga croit finalement être pris au sérieux. Le pays entier le voit dans sa corrida sans issue, recevant ses ordres de Matadors de la Majorité.  Une centraine de femmes libérées des hôpitaux et une vraie-fausse photo avec Trump plus tard, le voilà, la queue entre les jambes, déposant sa démission.

Quatre mois de règne, une entrée par la petite porte dans l’histoire, l’homme devient ainsi un Premier ministre honoraire, et restera à jamais le seul belge ayant dirigé un gouvernement en République démocratique du Congo. Au Palais du peuple hier, même Joseph Kabila n’a pas daigné le saluer; une première pour sa fonction. Le président en a-t-il eu déjà marre? Casses-toi pauvre Samy!

Litsani Choukran,
Le Fondé.

 

Source : Politico CD

Laisser un commentaire