Bukavu: qui tente de torpiller les efforts de construction du marché transfrontalier ?

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Alors que la Banque Mondiale tente de mettre en œuvre le projet de construction du marché transfrontalier à la frontière Ruzizi 1er, les agissements des uns et des autres inquiètent plusieurs observateurs et en premier lieu les commerçants transfrontaliers.

L’exemple le plus frappant c’est le comportement des acteurs sociaux et politiques à la veille de l’annonce de l’arrivée d’une délégation de la Banque Mondiale dans la ville de Bukavu. Agitation, récupération ou mieux intoxication ont été au rendez-vous en fin de la semaine dernière.

Dans une correspondance adressée au gouverneur de province et non connue visiblement par les autres membres du Bureau de Coordination (qui suivaient le dossier) ; le président du Bureau de Coordination de la Société Civile demande  au Gouverneur d’arrêter toute démolition sur le site de Ruzizi et procéder plutôt à l’indemnisation des propriétaires comme le veut la loi. Il accuse les autorités administratives et politiques d’avoir vendu cet espace qui était déjà désaffecté.

«Il vous souviendra que les autorités politiques et administratives auraient vendues des parcelles aux particuliers en leur facilitant les procédures d’obtention des certificats d’enregistrement. Au regard des preuves à notre possession même vos collaborateurs directs ont trempé dans ces ventes dont une portion vous reviendrait, semble-t-il. » indique la lettre.

Pourtant, au cours d’une conférence de presse tenue il y a plusieurs semaines dans la ville de Bukavu, la société civile avait pressé le Gouvernement provincial pour qu’il procède à la démolition des maisons construites sur ce site pour que ce marché transfrontalier  d’intérêt commun soit érigé sur le lieu.

D’autres acteurs politiques autrefois au sein de la société civile se sont mis à écrire des messages à la délégation de la Banque Mondiale pour continuer à insister et à faire croire que ce site est toujours à problème oubliant de signifier que le gouvernement Congolais avait déjà indemniser le premier propriétaire des parcelles avant que certains responsables étatiques ne manigancent pour les reprendre en toute illégalité.

D’ailleurs, certaines autorités et opérateurs économiques s’étaient rués sur le site pour exiger une indemnisation de la Banque Mondiale. Dans le lot, l’ancien maire de Bukavu Philemon Yogolelo et d’autres responsables provinciaux.

Objectif : décourager cette institution à construire sur « un terrain à problème » comme le veut sa politique.

Comment explique-t-on donc ce revirement à quelques heures seulement de l’arrivée de la délégation de la Banque Mondiale au Sud-Kivu ?

Si les uns et les autres tentent de se positionner en défenseur d’une certaine couche d’habitants qui dit-on est lésée, on ne peut pas arrêter d’y voir des manœuvres visant à monter les enchères en vue de devenir l’interlocuteur de telle ou de telle autre personne ou d’une institution. Comme il est devenu de coutume au Sud-Kivu chacun veut « se retrouver » et l’intérêt supérieur est sacrifié. Le plaidoyer se fait en faveur du plus offrant, ou d’un frère de sa colline, même si tout le monde doit en pâtir.

C’est ce que rappelle d’ailleurs l’ancien Journaliste Yvelin Ntampaka qui demande aux uns et aux autres de ne pas demander une chose et son contraire.

 «A mon avis, c’est un acte louable de la part du Gouverneur Nyamugabo et une réponse à une demande de la population. Tous, avions demandé à l’autorité de frapper fort et elle vient de le faire.»

Il a également fustigé un comportement incivique de la part de certains  citoyens qui se permettent d’acheter un terrain désaffecté il y a un an et cela malgré toutes les alertes leurs adressées.

«Comment un citoyen normal, peut se laisser escroqué par des services, fonciers soient-ils, jusqu’à acheter une parcelle dans un site que l’État vient d’acquérir sachant il n’y a  même pas une année ?  se demande-t-il.

En tout état de cause, les congolais sont atteints par la même maladie : l’égoïsme.

Au moment où le Rwanda voisin a fait des avancées notables pour l’accueil des projets de la Banque Mondiale, les congolais se battent eux de leur côté pour tirer chacun ses dividendes oubliant le bien que ces infrastructures peut faire en terme de mobilisation des recettes en faveur de l’État (donc de nous tous) et la création de l’emploi en faveur de près de 10.000 petits commerçants qui font des navettes entre la RDC et le Rwanda.

Il y a lieu que les uns et les autres se ressaisissent et reviennent à la raison. L’argent de la Banque Mondiale (comme tout autre d’ailleurs) n’aime pas les bruits et l’histoire retiendra que si par malheur ce projet parvient à ne plus être exécuté dans la ville de Bukavu, c’est sera grâce à l’égoïsme et aux pratiques peu orthodoxes de certains de ses fils et filles. Il y a lieu de commencer à dire Non à ces genres de manœuvres !

Source: http://www.mediacongo.net/

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