Bukavu : les partisans de Bahati et de l’AFDC-A manifestent

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Des centaines de militants et cadres de l’Alliance des forces démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) sont descendus dans la rue jeudi 11 juillet à Bukavu pour protester contre la décision du Front commun pour le Congo (FCC) de l’ancien président Joseph Kabila qui suspend à durée indéterminée leur leader Modeste Bahati Lukwebo. Par cette manifestation, ils lui ont témoigné leur soutien et se sont réjouis de leur autonomie envers le FCC. Un ultimatum a été lancé à tous les membres de ce regroupement.

Tous ceux qui occupent des postes dans les institutions ont été sommés de donner leur position dans cette affaire. Sur ses 145 élus dans l’ensemble, le regroupement politique AFDC et Alliés compte deux gouverneurs de province, 7 vice-gouverneurs et des ministres provinciaux.

L’ultimatum de 48 heures lancé mercredi par le FCC à tous les membres du regroupement AFDC et Alliés expire ce vendredi. Gouverneurs et vice-gouverneurs, ministres provinciaux, membres des bureaux des assemblées provinciales et ceux du bureau de l’Assemblée nationale, tous ont été sommés de dire si oui ou non ils se désolidarisent de Modeste Bahati Lukwebo, leur leader. Ce dernier a été suspendu du FCC pour indiscipline, parce qu’il a décidé de présenter sa candidature à la présidence du bureau définitif du Sénat contre celle de Alexis Thambwe Mwamba désigné par l’autorité morale de la plateforme…

Pour les animateurs du FCC, ne pourront garder leurs postes que ceux qui vont exprimer leur loyauté à Joseph Kabila. « Simplement ridicule et anti-démocratique », constate le député national FCC Henri-Thomas Lokondo qui, comme beaucoup d’autres de sa famille politique, félicite la démarche du leader de l’AFDC et Alliés. De son côté, Modeste Bahati oppose un bras de fer. « La loi est claire : celui qui quitte son regroupement ou son parti politique perd son mandat… Il faut réfléchir par deux fois », a déclaré le sénateur qui disposerait des solides appuis parmi les sénateurs de toutes les tendances.

« Le FCC nous a foutu à la porte : il a bien fait »

De la place de l’Indépendance jusqu’au gouvernorat du Sud-Kivu, en passant par les coins chauds de Bukavu, les manifestants brandissaient des calicots portant les messages : « Non à la dictature au sein du FCC », « Non au complot contre le chef de l’État », « Oui au soutien à la candidature de Modeste Bahati Lukwebo à la présidence du Sénat ». Ils se disent fiers d’être désormais autonomes vis-à-vis du FCC.

Pour la responsable de la Ligue des femmes, Dorothée Maisirika, cette autonomie de l’AFDC et Alliés était indispensable : « Nous n’avons pas demandé de quitter le FCC, c’est le FCC qui nous a foutu à la porte pour que nous puissions grandir nous-mêmes. Ils ont bien fait. »

Dans son mémorandum remis au vice-gouverneur Marc Malago, l’AFDC-A met en garde contre les débauchages de ses cadres qui pourraient ensuite s’aventurer à engager ses regroupements politiques en dehors de son initiateur. « Une décision est sortie : tous ceux qui ont trahi le parti sont exclus. Une mise en garde leur est adressée s’ils continuent à parler, à agir au nom de l’AFDC-A ou à porter des insignes du parti », explique le président fédéral de l’AFDC-A au Sud-Kivu, Théodore Chamunani.

Jusque-là, le gouverneur du Sud-Kivu Théo Ngwabidje n’a pas encore indiqué clairement sa position, mais sa candidature au poste de gouverneur a été soutenue en avril dernier par le FCC.

Pour le professeur Bob Kalamba, le FCC n’avait pas le choix mais ce bras-de-fer risque d’affaiblir la toute puissante coalition dirigée par l’ancien président Joseph Kabila.

La volonté d’aller au bras de fer est indispensable au FCC pour arrêter l’hémorragie : si ça se passe avec l’AFDC, ça pourrait se passer avec d’autres formations politiques au sein du FCC

Source: http://www.mediacongo.net/

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