Bukavu : des étudiants de l’ISP en colère refusent la cession de leur bâtiment à un acquéreur privé

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Les étudiants de l’ISP Bukavu sont descendus dans la rue dans la matinée de ce lundi 11 février 2019 pour protester contre l’idée de déguerpissement de leurs enseignants du bâtiment situé sur avenue sur avenue Mbaki, derrière la Cathédrale Catholique de Bukavu. Ils reconnaissent leur institution propriétaire dudit immeuble alors qu’un particulier dit en détenir également les preuves de propriété datant de l’époque coloniale.

Ils ont commencé leur sit-in ce lundi, et comptent le poursuivre ce mardi, au risque même de rater les cours pour vu qu’ils protègent le patrimoine de leur établissement de la spoliation. Leur porte-parole Benjamin Mihigo a confié que leur déploiement est une réponse au message diffusé sur les ondes de certains médias locaux, où un particulier se déclarant acquéreur légal du bâtiment  lançait un ultimatum de deux jours aux enseignants pour libérer la maison.

Ils tiennent mordicus à la défense de cette infrastructure car pour eux, elle appartient bel et bien à leur institution en dépit de la convoitise qu’elle ferait de la part de celui qu’ils qualifient de spoliateur. Pour les manifestants leur institution détient les documents (bordereaux de paiement à la banque et l’acte de vente) notariés du bâtiment, ce qui lui en adjuge la propriété absolue.

« Depuis un temps, il y a un individu qui tente de spolier le patrimoine de l’ISP Bukavu […]. Depuis 1974, les enseignants de l’ISP Bukavu vivaient dans cet immeuble comme des locataires. Et leur bailleur était la Société SOCOKI. A partir de 1981, l’ISP Bukavu a acheté cet immeuble quand le Père Dominique Milani était le Directeur Général de l’ISP », a témoigné monsieur Benjamin Mihigo.

Les manifestants reconnaissent tout de même que l’acquéreur déclaré de l’immeuble est détenteur du document d’enregistrement de la maison, un document qu’ils jugent frauduleux car pour eux, à l’époque de l’achat de l’immeuble par leur institution « lorsqu’on avait déjà l’acte notarié, il n’y avait plus beaucoup d’importance d’avoir le document d’enregistrement ».

 Monsieur Matali revendique depuis 2009 la propriété de ce bâtiment, en vertu des documents d’enregistrement à sa possession.

La question a surgi à plusieurs reprises, mais son dénouement n’a jamais été définitif. Les autorités, à plusieurs échelles, s’y sont attelées mais en vain.

La Société civile condamne la méthode des étudiants

Dans leur colère, les étudiants ont envahi l’artère principale voisine de l’immeuble, celle passant par la SONAS/Bukavu, barrant le route aux passants. Ils ont brûlé les pneus sur la chaussée, ce qui a perturbé la circulation et empêché aux élèves  qui fréquentent le complexe scolaire Enfant du monde d’accéder à leur école, qui est voisine de l’immeuble à problème.

route Nyawera Sonas bloquée par des étudiants de l’ISP en colère
David Cikuru, le président de la Société Civile Noyau d’Ibanda, a déploré les tracasseries dont les étudiants se sont rendus coupables, ce qui ne reflète pas une bonne image de l’élite de demain qu’ils constituent.

« Chers étudiants réclamez vos droits dans le respect strict de la loi », a-t-il lancé à l’égard des manifestants.

Certaines sources renseignent par ailleurs que ledit bâtiment, occupé depuis 45 ans par les enseignants de l’ISP ne figure sur la liste de 276 immeubles qui ressortent  du domaine privé de l’Etat dans la ville de Bukavu.

Toutefois, il s’avère mystérieux que la famille Matali détentrice du document d’enregistrement ait laissé l’ISP occuper son immeuble pendant plus de 35 ans sans en réclamer la propriété.  

Les yeux sont désormais tournés vers l’autorité compétente pour que la justice soit établie dans ce dossier, susceptible d’embraser la cité.

Source: http://www.mediacongo.net/

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