Bruxelles: une lycéenne congolaise menacée d’expulsion

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Salima Ali Simutinje, une jeune fille congolaise de 18 ans arrivée en Belgique en 2015 pour une opération médicale et inscrite durant cette période dans une école bruxelloise risque l’expulsion faute de visa alors qu’elle est en dernière année du secondaire.

Salima Ali Simutinje est arrivée en Belgique en 2015 pour y subir une opération chirurgicale aux oreilles. Un an devant s’écouler entre les deux opérations, l’adolescente s’est inscrite à l’athénée d’Ixelles et y suit les cours de la section « marketing » et se trouve dans sa dernière année.

Devenue majeure, son visa a expiré. Salima a reçu un ordre de quitter le territoire. Il y a deux semaines et demi, la police est venue la chercher au domicile du cousin qui l’héberge. Depuis trois semaines, elle a été placée en centre fermé. Elle a déjà fait l’objet d’une tentative d’expulsion vers la République Démocratique du Congo.  

Mobilisation de son école

Bruxelles: une lycéenne congolaise menacée d'expulsion

Elèves de l’Athénée Royal d’Ixelles participant au projet “Move for Africa again !”

A l’athénée d’Ixelles, on ne comprend pas. Xavier Vandewalle est le titulaire de Salima. « C’est choquant ! Par rapport aussi aux ressources investies au niveau de la communauté. Et j’insiste également sur le fait qu’elle n’a jamais été prise en charge par l’État belge. C’est sa famille qui a payé l’intervention dont elle a bénéficié ici en Belgique. Et il y avait un suivi médical. Mais tout ça a été pris en charge. On est donc très loin de l’image du « réfugié-profiteur » que certains imaginent. »

Élève appréciée, Salima bénéficie du soutien de ses camarades de classe et de la direction de l’école. Francesca sera présente mardi au palais de justice. Un recours est en effet introduit. « On sera là pour la soutenir, c’est important. On souhaite qu’elle puisse terminer son année scolaire. On doit pouvoir lui accorder cette chance. D’autant qu’il ne reste pas beaucoup de temps. »

« Elle veut simplement terminer ses études. Elle est prise en charge par son cousin donc il n’y a pas de dépenses phénoménales à engager par l’État belge pour lui assurer une fin de scolarité normale. Donc je ne vois pas le problème », explique ce matin sur Bel RTL Gérasimos Intjigejlis, préfet de l’Athénée d’Ixelles.

Interviewé par Loïc Verheyen, il ne comprend pas, vu le parcours de la jeune femme, qu’elle soit renvoyée au Congo alors qu’elle est en pleine année scolaire.

« Elle est exemplaire. Cette élève-là, lui dire en cours d’année : ‘Voilà, c’est fini, tu dois rentrer chez toi et le reste on s’en fout’… Non! C’est assez choquant, ajoute le préfet. On n’est quand même pas au 19e siècle, on a quand même une société assez riche et il me semble que ce type de profil a tout à fait sa place dans notre société. Lui permettre humainement de terminer ses études est la chose la plus simple et la plus normale à accomplir ».

Une délégation de son école s’est rendue, mardi passé, au cabinet de Théo Francken, le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration.

Un chargé de communication nous a reçus. Il a pris nos trois courriers, déclare Fatima Azzouz, secrétaire de direction de l’Athénée d’Ixelles. Le premier est une invitation lancée à M. Francken à venir à l’école expliquer aux élèves la situation et sa politique. Le deuxième est une pétition, signée par plus de 2.500 personnes. Et le troisième, c’est un courrier rédigé par les élèves eux-mêmes. »

A l’Office des Étrangers, on affirme ne plus éloigner d’étudiants à partir des vacances de Pâques. Mais dans le cas de Salima, l’ordre de quitter le territoire date de septembre 2017. Avant le début de l’année scolaire donc.

Son avocate a donc demandé sa remise en liberté devant la chambre du conseil de Bruxelles. Une demande rejetée hier. L’avocate ira en appel de cette décision.

Source : Media Congo

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