Bruxelles: L’accueil des migrants au coeur du sommet européen

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« La question migratoire risque bien d’éclipser les autres sujets à l’ordre du jour de ce sommet car Donald Tusk, le président du Conseil européen, a prévenu les 28 chefs d’État : le débat s’enflamme de plus en plus sur cette question », rapporte le journaliste Valéry Lerouge en direct de Bruxelles (Belgique), où va s’ouvrir le sommet européen. La question migratoire risque bien d’éclipser les autres sujets à l’ordre du jour de ce sommet car Donald Tusk, le président du Conseil européen, a prévenu les 28 chefs d’État : le débat s’enflamme de plus en plus sur cette question », rapporte le journaliste Valéry Lerouge en direct de Bruxelles (Belgique), où va s’ouvrir le sommet européen.

La fièvre qui s’est saisie de l’UE sur les réfugiés et les migrants n’est pas près de retomber. Pourtant, entre les apprentis sorciers et les têtes froides, les seconds n’ont pas encore perdu la main. Faute de solution miracle, le sommet européen qui s’ouvre ce jeudi après-midi cherchera une fois de plus à diluer le problème en Méditerranée, au profit d’une seule priorité politique: sauver la tête d’Angela Merkel, reine de l’Europe menacée à demeure, tout en évitant un dangereux éclat avec l’Italie.

Les entrées irrégulières dans l’UE ont chuté de 96 % depuis le pic de l’automne 2015, constatait mercredi le Polonais Donald Tusk, un hôte du sommet qui n’est pas homme à mâcher ses mots contre l’immigration incontrôlée. La crise n’est pas migratoire, elle est politique, insiste-t-il en écho à Emmanuel Macron. L’autre différence, trois ans plus tard, ce sont les nationalistes – voire l’extrême droite – qui participent ou soutiennent le pouvoir à Rome, Vienne, Budapest, Bratislava, Varsovie, Copenhague et Helsinki. En Allemagne, l’essor de l’AfD menace directement la chancelière, par CSU bavaroise interposée.

Scénario catastrophe

À Bruxelles, les images de navires surchargés errant tout l’été en quête de débarquement hantent déjà tous les esprits. (©Halit Onur Sandal/Nurphoto)

Les flux de réfugiés et de migrants économiques sont au plus bas depuis quatre ans, pourtant le fonds de commerce nationaliste est plus prospère que jamais. Toutefois, les désaccords s’annoncent nombreux, les pays membres devraient trouver au moins un point d’accord : la nécessité de renforcer les frontières extérieures de l’Union européenne. Mais, pour les solutions à mettre en place pour les migrants déjà en Europe, les discussions devraient se compliquer. Les plateformes de débarquement à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Union, les centres fermés sur le sol européen, ou la relocalisation des réfugiés, sont autant de questions qui animeront les débats jusque tard dans la nuit.

Et lundi, lorsqu’expirera l’ultimatum posé à Angela Merkel par Horst Seehofer, baron de la CSU et ministre de l’Intérieur, rien ne permet d’exclure la réaction en chaîne catastrophique que décrit en privé un haut responsable.

La Bavière refoule les irréguliers sur sa part de frontière et l’UE perd sa chancelière. L’Autriche de Sebastian Kurz impose des contrôles sur le Brenner pour ne pas se muer, dit-elle, en cul-de-sac (elle fait déjà manœuvrer sa police et son armée). L’Italie, privée d’exutoire, se raidit davantage en Méditerranée car elle ne veut pas devenir « le camp de réfugiés de l’UE », décrié par Matteo Salvini, patron de la Ligue.

L’Italie menace de faire capoter le sommet européen sur les migrations.

À Bruxelles, les images de navires surchargés errant tout l’été en quête de débarquement hantent déjà tous les esprits. Une chancellerie impotente, des frontières qui se verrouillent en cascade et un cauchemar humanitaire en Méditerranée, ce n’est pas l’hypothèse la plus vraisemblable. Mais c’est bien la mèche que les Vingt-Huit chercheront à éteindre ce jeudi soir à l’heure du dîner. « Nous espérons finir avant le petit-déjeuner », dit-on du côté français.

Il s’agira d’abord de réunir le plus grand consensus sur des remèdes parlant pour les électeurs, mais les plus vagues possible. Donald Tusk s’y est employé dès mercredi en confirmant son projet d’externaliser la question migratoire, en installant des « centres des débarquements hors de l’UE ».

Où donc ? La Tunisie, le Maroc, l’Albanie? Quand? Comment? Avec quel drapeau? Sous quel régime de droit et avec quelles issues? Mystère. Ce jeudi soir, chacun aura ses pudeurs mais, dans le flou, le Hongrois Viktor Orban, l’Italien Giuseppe Conte, Sebastian Kurz ou même Emmanuel Macron et Angela Merkel peuvent trouver leur compte à ce qui débute comme un tour de passe-passe. « Le fruit est trop tentant pour ne pas s’en saisir », ironise un expert.

Le second registre est celui d’arrangements frontaliers plus précis entre voisins et amis, faute d’accord général, en attendant que la température européenne reflue. Angela Merkel a bien décrit le scénario, avec en vue les migrants enregistrés en Italie qui se pressent encore à la frontière allemande. Le dénouement provisoire des déambulations de l’Aquarius et du Lifeline est un premier pas concret. L’Espagne, puis Malte acceptent ceux que l’Italie refuse, la France coopère. D’autres suivront peut-être.

Paris y voit une avancée vers les « centres de rétention fermés » qu’Emmanuel Macron veut ouvrir dans les frontières de l’UE. Rome n’est pas encore soulagée de son fardeau. Mais elle reste prête à discuter et constate que l’Europe s’adapte à la nouvelle réalité italienne.

Source: http://www.mediacongo.net/

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