Brexit : le chantage au « no deal » a commencé entre l’UE et la Grande-Bretagne

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Pour les Européens, Theresa May joue la montre afin d’obtenir des concessions. L’idée d’un « no deal » maîtrisé fait son chemin.

Le choc est-il inévitable entre Bruxelles et Londres ? A moins de soixante jours du Brexit, les Européens ont serré les rangs, mercredi 30 janvier, refusant catégoriquement à ce stade de rouvrir le traité de divorce signé avec Theresa May, au lendemain d’un vote aux Communes en faveur d’une renégociation du « backstop », le filet de sécurité censé éviter le retour d’une frontière entre le Nord et le Sud de l’Irlande après le Brexit.

Si, à Londres, Theresa May continue à batailler pour préserver l’unité de son camp conservateur, les Vingt-Sept sont désormais persuadés qu’elle « joue la montre », pariant sur leur peur d’un « no deal » pour obtenir, fin mars, juste avant le jour J du divorce, des concessions majeures.

« Aucune solution opérationnelle »

Pour Jean-Claude Juncker, le vote des députés a « accru le risque d’un Brexit désordonné ». Devant les eurodéputés, le président de la Commission a maintenu mercredi la ligne défendue depuis presque dix-huit mois : « L’Union est ouverte à des arrangements alternatifs pour la frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord [en remplacement du “backstop”], et elle s’est engagée à les explorer prioritairement après le Brexit », mais aujourd’hui, « ce sont des concepts, il n’y a aucune solution opérationnelle. Donc, dans l’intervalle, l’Europe a besoin d’un “backstop” ».

Theresa May avait pourtant accepté ce filet de sécurité fin 2018. Celui-ci prévoit, à partir de 2021, un maintien de l’Irlande du Nord dans le marché intérieur et de l’ensemble du Royaume-Uni dans l’union douanière européenne, faute d’avoir trouvé dans l’intervalle d’autres « arrangements spéciaux » (contrôles douaniers décentralisés, etc.). Mais, grâce au vote de Westminster, Mme May peut se prévaloir de l’existence d’une majorité prête à voter un accord sur l’accord de Brexit, une fois amendé.

Source: http://www.mediacongo.net/

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