Booba – Kaaris : une rixe qui ternit encore plus l’image du rap

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L’affaire fait grand bruit depuis quelques jours en France et à juste titre. Le 1er août, les rappeurs Booba et Kaaris, célèbres sur la scène musicale française mais aussi en Afrique, ont provoqué une scène à la fois anarchique et surréaliste au sein de l’aéroport d’Orly.

En pleine salle d’embarquement de l’aéroport, les deux artistes et leurs entourages se sont affrontés à coups de poings, de pieds et même de bouteilles de parfum, lors d’une scène violente et incroyable devant des passagers stupéfaits et dont la vidéo tourne en boucle sur les réseaux sociaux.

L’un comme l’autre auraient dû tenir un concert à Barcelone le soir même. Les deux icônes du rap français auraient simplement dû prendre le même avion en direction de la capitale catalane. Seulement, les deux hommes ayant déjà eu des différends par le passé n’ont visiblement pas supporté de se rencontrer. La société « Aéroport de Paris », en charge d’Orly, a porté plainte contre les deux rappeurs pour troubles à l’ordre public, avec préjudice d’image et financier ainsi que mise en danger de la vie d’autrui. Les versions des deux camps ont alors été entendues lors des gardes à vue qui ont immédiatement suivi la rixe et les quatorze personnes interpellées ont été interrogées. Seulement, les versions divergent.

Cette énième altercation entre rappeurs qui se termine dans la violence et dans le sang ne fait que ternir un peu plus l’image d’un art musical dont on finit par se demander si son ADN n’est-il finalement que la violence.

Souvent, ces rixes sont le résultat de provocations musicales. Les chanteurs s’invectivent mutuellement dans leurs titres, cela se nomme le « Clash ». Ils promettent d’anéantir l’autre. Booba, l’un des plus gros rappeurs français en matière d’albums vendus, s’est fait un spécialiste de ce « Clash ».

Les boites de production de ces artistes se frottent les mains car chaque conflit fait recette et augmente les ventes de disques. Les politiques ne s’en mêlent qu’à minima, souhaitant éviter toute stigmatisation. Pour l’heure, la « guéguerre » des rappeurs français n’a pas encore fait de morts. Mais des paliers dans la violence sont franchis. Les États-Unis, terre mère de la musique hip-hop, sont sources d’inspiration pour les rappeurs hexagonaux. Et de l’autre côté de l’Atlantique, les doigts des deux mains ne suffisent plus à compter le nombre de rappeurs tués par ces conflits.

Tupac Shakur, tué en 1996, ou The Notorious B.I.G., tué en 1997, ont toujours suscité des fantasmes et des interrogations. Si certains avancent que leurs assassinats ont été perpétrés par la pègre, d’autres voient les choses différemment et évoquent un règlement de comptes interne au rap. Plus de vingt ans après, on ne sait toujours pas la raison réelle de leurs morts respectives. Les deux étaient en « guerre » artistique. De multiples incidents avaient eu lieu, puis ils ont été tués l’un et l’autre à six mois d’intervalles. Certains avancent que la mort de l’un et l’autre est liée à ce conflit, cela forge désormais une légende autour des deux hommes.

On est encore plus triste quand cette affaire prend des sonorités africaines puisque les deux rappeurs sont originaires d’Afrique.

Kaaris, de son vrai nom Okou Armand Gnakouri, est né en 1980 à Abidjan, Côte d’Ivoire. Il vit en France depuis l’âge de 3 ans avec sa famille. Ses succès musicaux comprennent les albums « Or noir » sorti en 2013 et « Okou Gnakouri » sorti en 2016. Quant à Booba, de son vrai nom Elie Yaffa, il est né en 1976 à Paris, d’un père sénégalais et d’une mère belge. Ses succès musicaux comprennent, entre autres, les albums « Temps mort » sorti en 2002 et « Trône » sorti en 2017.

Rappelons qu’avant de devenir des adversaires scéniques et des ennemis jurés, les deux artistes étaient très proches, ayant même produit plusieurs titres ensemble.

Légendes et crédits photo : 

Illustration

Source : http://www.adiac-congo.com/

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