Black-out : pourquoi perd-on la mémoire quand on boit ?

0

Le concept du black out occupe beaucoup l’actualité depuis quelques jours. Notamment à cause de l’audition sénatoriale de Brett Kavanaugh, candidat à la Cour suprême américaine, accusé d’agression sexuelle par Christine Blasey Ford. Maxisciences revient sur cette amnésie partielle ou totale due à la consommation d’alcool.

« Je me suis réveillée et je ne me souvenais plus de rien. Le black out »… Le mot est sorti. Et si à l’origine, il servait à décrire une gigantesque panne d’électricité, aujourd’hui il est surtout utilisé pour dépeindre des amnésies partielles ou totales liées à la consommation d’alcool. Selon une étude britannique, menée en 2016, 20 % des adolescents disaient avoir vécu dans les six derniers mois un tel épisode. Mais de quoi s’agit-il exactement ? 

Alcool et mémoire : le mauvais cocktail

A partir de 3 grammes d’alcool dans le sang, il y a deux fois plus de risques de faire un black out. Et c’est l’hippocampequi trinque ! Ainsi pourrait-on résumer ce qui se passe quand on a trop levé le coude. Selon l’Institut national sur l’abus d’alcool et l’alcoolisme (NIAAA) américain, le black out survient parce que « la zone cérébrale qui joue un rôle clé dans le processus de mémorisation au quotidien a été éteinte ponctuellement par l’alcool ». Il en résulte des trous dans le système de stockage des souvenirs. D’où cette amnésie et cette sensation de « trou noir ».

Deux formes de black out 

Il existe le black out fragmenté, la forme la plus fréquente, qui consiste à se souvenir grosso modo de ce qu’il s’est passé mais des détails manquent. Ainsi, on peut se rappeler avoir bu mais ne plus savoir qui a payé les consommations ou ce que l’on a commandé exactement. Un effort de concentration peut permettre de recoller les pièces manquantes assez rapidement. La seconde est le black out total. Cette forme sévère d’amnésie  peut durer plusieurs heures. Il est quasi impossible de se souvenir des événements passés parce que les informations n’ont jamais pu être stockées dans le cerveau.

Les femmes plus vulnérables que les hommes

D’après le Dr Kate Carey, professeure en sciences comportementalistes et sociales à l’Université Brown (Etats-Unis) : « Entre 30 et 50 % des jeunes adultes qui boivent ont déjà expérimenté un black out lié à l’alcool ». Les femmes y seraient plus susceptibles. Une étude publiée en 2016 dans la revue The Journal of sex research indiquait qu’en buvant en moyenne trois verres de moins que les hommes, elles pouvaient être sujettes à ce type d’amnésie.

Comme le rappelle un article du Monde, « même à poids et corpulence identique à un homme, elles (les femmes, ndlr) présentent une masse graisseuse plus importante qui ne permet pas une aussi bonne absorption de l’alcool ». Ce risque augmenterait aussi pour la gent féminine selon son cycle, notamment en périodes prémenstruelles et ovulatoires. De plus, les personnes avec un IMC bas, avec des prédispositions génétiques ou consommatrices de tabac ou de drogues seraient également plus vulnérables à ces black out. 

Il est donc nécessaire de rappeler encore et encore qu’il faut consommer de l’alcool avec modération. D’autant plus que les conséquences d’une telle amnésie alcoolique peuvent être dramatiques. Le film Very Bad Things les illustre d’ailleurs parfaitement et la fiction copie souvent la réalité…  

Source: http://www.mediacongo.net/

Laisser un commentaire