BEPC 2018 : Anatole Collinet Makosso n’entend couvrir personne

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Le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation, qui a rassemblé, le 22 juin à Brazzaville, les membres du jury de l’examen, a fustigé le comportement de certains d’entre eux en 2017.

Dans sa communication, le ministre n’est pas passé par quatre chemins lorsqu’il s’est agi de dénoncer certaines irrégularités constatées lors du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) session de 2017, dans les départements du Pool, de la Likouala, la Cuvette, les Plateaux et la Cuvette ouest. En effet, selon lui, il y a eu des membres du jury, chefs de centre et chefs de centre adjoints qui ont laissé entrer, dans les salles d’examen, des candidats parfois sans badge, sans carte d’accès. Certains candidats avaient des identités douteuses car disposant des cartes sans photo ou avec photo mais non cachetée. « On a vécu cela dans la Likouala, notamment à Impfondo, dans le Pool à Mindouli et Kinkala, dans la Cuvette à Tongo, dans les Plateaux à Ngo et dans la Cuvette ouest à Kellé et à Engama.  C’est grave de le dire, on a connu ce qui pourrait s’apparenter à une fuite des matières dans ces localités », a mis en garde Anatole Collinet Makosso, dénonçant une grande complaisance dans la sélection des jurys l’année dernière.

Prenant à témoin le président général du jury, Massembo-Balou, qui a assumé les mêmes fonctions en 2017, le ministre a rappelé que si les auteurs de ces actes ont été reconduits dans les mêmes localités, ils sont déjà fichés. « Monsieur le président général du jury, je vous avais dit depuis l’année dernière que les sujets sont composés de telle sorte que là où il y a un problème, on saura d’où il est parti. Cela ne s’appellerait peut-être pas fuite des matières à proprement parler mais les thèmes des sujets étaient connus des élèves en dictée, en rédaction et en sciences physiques dans ces localités », a-t-il rappelé.

L’autre irrégularité constatée par le ministre l’an dernier, la saisie de plusieurs téléphones auprès des candidats contenant des corrigés des épreuves du jour dans ces localités. Il a également noté le refus de certains membres du jury de collaborer avec les responsables de la cellule de lutte contre la fraude, devenue aujourd’hui direction du fait qu’ils les trouvaient plus sévères et hostiles à toute manœuvre de corruption. En effet, ces cas ont été observés, d’après le ministre, dans les centres de Tchikapika et Nieteboumba, dans la Cuvette, Mindouli I et II, puis Boko, dans le Pool et à  Impfondo I et III, dans la Likouala. A cela, s’ajoute le refus de certains membres du jury et de la force publique d’établir les procès verbaux sanctionnant les candidats surpris en flagrant délit de fraude à Impfondo I et III, à Mabafi, à Engami, à Nieteboumba, à Mindouli I et II.

« On peut admettre un premier échec, un deuxième mais pas un troisième »

 Brandissant l’arsenal juridique de lutte contre la fraude en milieu scolaire, Anatole Collinet Makosso a prévenu les contrevenants qui seront poursuivis devant les juridictions nationales. « Depuis trois ans, le gouvernement travaille de façon sérieuse pour rendre crédible les examens et les diplômes d’Etat ainsi que les parcours scolaires des enfants. Avec tous ces efforts que déploie le gouvernement, on ne devra pas permettre qu’un compatriote, de quelque niveau et statut qu’il soit, puisse les saper  et remettre en cause cette volonté politique de veiller au redressement du système éducatif. On ne le permettra pas », a insisté Anatole Collinet Makosso, précisant qu’il connaît et suit personnellement toutes ces choses.

Pour éviter de passer vite à la répression, il a dit avoir opté pour une démarche purement pédagogique consistant à éduquer, à sensibiliser, dissuader et persuader les différents acteurs. Ce qui justifie le fait  que les membres du jury ayant été reconnus coupables ou complices de ces mauvais comportements l’année dernière ne soient pas sanctionnés. Les surveillants de salle, à l’origine de ces mauvaises pratiques, reçoivent parfois, a-t-il poursuivi, la bénédiction des membres du jury par peur.

« Je n’ai pas besoin de voir un de mes collègues être interpellés par les services de sécurité. Par solidarité, on s’est abstenu de le faire l’année dernière, mais cette année, je n’entends couvrir personne. Cela nous fait trois ans que nous accomplissons ce devoir, que nous en parlons. On peut admettre un premier échec, un deuxième mais pas un troisième. Je pense que nous nous sommes compris et que le BEPC 2018 soit une réussite », a espéré le ministre. 

Légendes et crédits photo : 

Anatole Collinet Makosso entouré de Jean-Pierre Mbenga et de Massembo-Balou ; les membres du jury du BEPC 2018/Adiac

Source : http://www.adiac-congo.com/

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