Beni : un décès d’Ebola à la base d’un soulèvement populaire près de Mangina

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Vive tension à Mangango, agglomération située à 12 kilomètres de la ville de Beni, sur l’axe routier Beni-Mangina. La population terrifiée par le décès de deux personnes dont l’ex directeur de l’EP Mambau, est entrée en colère. Pour ces habitants, les malades qu’on amène à Mangina n’en reviennent pas vivants.

« Il y a eu crépitement de balles à Mangango à cause de l’ancien directeur de l’EP Mambau qui est décédé suite au virus Ebola. Il aurait pu être transféré du centre hospitalier de Mangango pour le centre de santé de référence de Mangina. Angoissée d’apprendre la mort de ce notable, il y a eu panique. La police est intervenue pour disperser les manifestants qui commençaient à barricader la route aux camions en direction de Mangina pour assister les victimes de la maladie à virus Ebola… », a expliqué le président du comité local de développement.

A en croire un taximan moto en provenance de Mangina, il s’agissait de la tentative d’arrestation par la police d’un père qui s’attaquait à la jeep des humanitaires après avoir reçu la nouvelle sur la mort de son enfant par Ebola. La police voulant arrêter le père du défunt pour appel à la résistance de la population.

Afin de maintenir l’ordre public, il y a eu des tirs de sommation en l’air.

Un officier de la police dans la zone, contacté par MEDIA CONGO PRESS, a expliqué sous anonymat qu’une personne a été légèrement blessée, lors de cette altercation. Il s’agit d’un infirmier touché lorsque les manifestants tentaient de s’attaquer à l’infirmier titulaire de cette structure sanitaire et aux vaccinateurs.

A titre de rappel, pour éviter de nouvelles contaminations, il est interdit aux membres des familles de toucher les cadavres ni les habits des personnes décédées d’Ebola. Mais certains ont du mal à se soumettre à cette règle.

La société civile joue à la médiation

La société civile /coordination territoriale de Beni a réuni, le mercredi 22 août 2018 au quartier Home, la population de Mangina en vue de statuer sur les mésententes qui régnaient entre la société civile et la population qui voulait la démission de ce comité, pour cause de non suivi des malades d’Ebola. Après débat et délibération, les protagonistes se sont convenus, a rassuré Noëla Kathongerwaki, présidente de cette structure.

« Il y a une solution prise. Notre cadre du noyau s’est convenu à donner deux personnes qui vont rester avec la population pour attendre les doléances de la population et soumettre à qui de droit », indique-t-elle.

Cette rencontre a connu la participation du fonctionnaire délégué du gouverneur affecté à Mangina.

Situation épidémiologique de la maladie

Le bulletin d’information publié mercredi soir révèle qu’au total, 103 cas de fièvre hémorragique ont été signalés dans la région, dont 76 confirmés et 27 probables. 7 cas suspects sont en cours d’investigation, 1 nouveau cas confirmé à Mabalako, un prestataire de soins, et 2 décès de cas confirmés à Mabalako.

L’ambassadeur de l’Union européenne en République démocratique du Congo, M. Bart Ouvry, la Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général des Nations-Unies en RDC, Mme Kim Bolduc, et la ministre-conseiller de la Coopération du Développement à l’ambassade de Belgique, Annelies De Backer, sont arrivés à Beni ce mercredi 22 août 2018. Après avoir rencontré les équipes menant la riposte contre Ebola au quartier général, ils se sont rendus à l’Hôpital Général de Référence de Beni où ils ont visité le centre de traitement d’Ebola.  

De la vaccination

Les activités de vaccination se poursuivent sur les trois sites de Mabalako, Beni et Mandima. Depuis le début de la vaccination le 8 août 2018, 2.179 personnes ont déjà été vaccinées, dont 1.178 à Mabalako, 552 à Beni et 449 à Mandima.

Source: http://www.mediacongo.net/

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