Beni/Reportage : le calvaire des déplacés de guerre du « triangle de la mort »

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Les déplacés de guerres dans le territoire de Beni vivent dans des conditions difficiles. Ces personnes ont fui les différentes attaques des rebelles présumés des forces démocratiques alliées (ADF) dans plusieurs villages et localités du territoire de Beni dans la zone dite « Triangle de la mort », où s’est rendu Media Congo Press.

10 heures du matin. Nous sommes dans la cour de l’école primaire Mwangaza, une école officielle. Ici, alors que le soleil est ardent, quelques déplacés de guerres sont assis sous un arbre et profitent de la fraîcheur dégagée par l’ombre des murs de l’école. Ces déplacés de guerres, venus essentiellement des villages du groupement Bambuba-Kisiki, Banande-Kainama et Batangi-Mbau, partagent les mêmes salles de classes avec les écoliers. Adultes et enfants, filles et garçons passent la nuit dans les salles de classe. Le matin, ils emballent leurs effets pour laisser la place aux écoliers. Après les cours, ils déplacent les bancs pour regagner ce qu’ils considèrent comme leur lieu d’habitation.

Une famille déplacée de guerre habitant à l’EP Mwangaza à Oicha© MCP

Pendant les cours, ils sont exposés au soleil et s’adonnent aux tâches ménagères dans l’enceinte même de cette école. Sous un arbre, madame Tamaniya Tsama Domina, rencontrée en train de mélanger du jus en poudre avec de l’eau, son enfant endormi près d’elle, affirme que de nombreux enfants sont exposés à des maladies liées à la malnutrition et à la sous-alimentation.

« Nous vivons misérablement ici dans l’enceinte de l’école primaire Mwangaza. Nous attendons que les écoliers quittent les salles de classe pour que nous y faisions entrer nos effets. Trouver à manger est difficile car nous n’allons plus dans les champs, suite à l’activisme des rebelles ADF. Je mélange du jus pour les enfants parce que je n’ai pas trouvé à manger… », a expliqué cette femme déplacée de guerre avec tristesse.

Ces déplacés disent ne pas être assistés depuis qu’ils vivent dans l’enceinte de cette école, malgré leur identification par le comité d’aide aux déplacés ainsi que par quelques organisations humanitaires. Ils y arrivent par vague. Ceux qui s’y trouvaient les jours passés ont déjà trouvé refuge ailleurs dans des familles d’accueil.

Des villages déserts sur le long de la RN4 Beni-Oicha

Des maisons abandonnées à Mbau dans le triangle de la mort© MCP

A Oïcha, chef lieu du territoire de Beni, situé à 30 kilomètres de Beni, plusieurs villages et localités ont déjà été abandonnés. Des maisons  désertes sont envahies par des herbes sur le long de la route nationale. De Ngadi, un quartier de la ville de Beni, les usagers de la RN4 prennent le risque de traverser les entités de Mavivi, Ngite, Sikwaila, Mbau, Mangboko pour ne citer que celles là, où les attaques et embuscades des rebelles sont fréquentes depuis presque 5 ans . À partir de Mavivi, les village et localités situés sur le long de la RN4 jusqu’à la limite entre le Nord-Kivu et la province de l’Ituri  se situent dans une zone appelée « Triangle de la mort ». Pendant ce temps, la menace des rebelles, appelés officiellement ADF, persiste dans la ville et le territoire de Beni, malgré la présence des militaires Forces armées de la RDC, appuyées par la brigade des forces de la Monusco, la plus grande mission de maintien de la paix de l’ONU au monde

Source: http://www.mediacongo.net/

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