Bemba : le retour aux mille dessous !

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Le retour aura été électrique ! Bien que pas vérité d’évangile, le constat a pu être fait par l’ensemble de l’opinion. Le comeback du Chairman du MLC a été hier, mercredi 1er août, un des faits politiques qualifiables avec assez d’aisance de Big-event.

Loin du sensationnalisme ou de la chronologie de la suite des choses hier, il faut dire que la présence de Jean-Pierre Bemba Gombo à Kinshasa, dix ans après son départ précipité suite aux heurts de l’après présidentielle 2006, est une des grandes donnes qui ouvrent le bal des rendez-vous politiques au pays en ce mois d’août débutant.

Cela, aux côtés de celui de Katumbi prévu pour ce 3 août et, par-dessus tout, la série de dépôt des candidatures à la présidentielle ainsi que les contours qui vont avec. A ce propos, s’il faille s’en remettre aux annonces faites par les voix éclairées du Mouvement de libération du Congo, c’est ce jeudi précisément que Bemba Jean-Pierre devra se rendre au siège de la centrale électorale afin de déposer la sienne. S’il n’est pas certain que Bemba, ce jeudi ou pas, va déposer sa candidature, il en est autant de la réponse à attendre de la Ceni quant à sa candidature. Est-il éligible ou non ?

Décryptage

Si l’autorité en la matière, la centrale électorale, puis la plus haute à celle-ci la Cour constitutionnelle n’ont pas encore livré ne serait-ce qu’une seule ligne sur ce sujet brûlant, scientifiques et politiques s’adonnent déjà à cœur joie, quitte à se donner les uns les autres des beaux coups sous la ceinture. Bien que hors des bois, ce soit Constant Mutamba et la Nogec qui avaient lancé le débat, le plus illustre des contradictions subsistent entre deux figures pourtant reconnues dans le monde du droit au Congo-Kinshasa. D’un côté, il y a les thèses menées par le professeur N’djoli et, de l’autre, celles soutenues depuis peu par les lumières du professeur émérite Nyabirungu. Ces deux pros de la craie ne soutiennent pas les mêmes avis alors qu’étant des peintures de la colline inspirée, cela laisse transparaître combien le sujet du parallélisme entre subornation des témoins et corruption sont sujettes à discussions. Pour rappel, l’infraction de subornation de témoins pour laquelle Jean-Pierre Bemba a été condamné par la Chambre de première instance de la Cour pénale internationale date du 27 mars 2017. Par ailleurs, au-delà de la similarité entre subornation des témoins et le fait infractionnel de corruption qui selon l’article 10 de la loi électorale rend inéligible, il y a les méandres de l’appel en cours où le verdict reste attendu.

Août électrique

Sonnant comme un big-bang, le retour de Bemba, avec tout ce qu’il implique, pousse à plus de réflexion sur la suite des passes d’armes sur l’agora politique. N’est-ce pas que son exclusion au nom d’une inéligibilité controversée puisse générer des troubles ? Si au MLC la réponse est toute oui et appelle donc à plus de largeur dans le jeu politique, la réplique du Pouvoir donnée par les lèvres d’Atundu est plus corsée ; « il ne faille pas traiter de certains sujets avec légèreté car touchant à l’avenir du pays ». Donc, une fois de plus, les constitutionnalistes vont en découdre sur la ratio legis des textes. Et, avec la venue sous peu de Katumbi, les revenants au pays auront les projecteurs bien braqués sur eux.

Dans ce décor annonciateur des contestations éparses, la problématique d’un dauphin ou pas au président Kabila ajoutée, puis le spectre des manifs du Comité laïc de coordination laissent croire à une évidence : « août sera électrique ». Cela, pour raviver la démocratie au pays ou pour pire. Malgré ces perspectives, les milieux des militants du MLC qui ont salué le cortège de Bemba garde la joie du retour de leur leader et l’espoir qu’il est porteur de meilleures promesses pour le pays. Est-ce bien le cas ? Qui vivra, verra.

Source: http://www.mediacongo.net/

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