Banderoles du CALCC arrachées au Centre interdiocesain : la CENCO crie à la violation des immunités diplomatiques !

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Pour la Cenco, l’acte commis par M. Dolly Makambo Nawezi, le bourgmestre de la commune de la Gombe, le samedi 2 juin 2018, en entrant dans l’enceinte du Centre interdiocésain, où il a fait arracher les banderoles qui étaient déployées sur la façade du bâtiment principal du Centre serait une violation des immunités diplomatiques des ambassades telle que reconnues par la Convention de Vienne.

A en croire un communiqué de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), le samedi 2 juin 2018, M. Dolly Makambo Nawezi, le bourgmestre de la commune de la Gombe, est entré dans l’enceinte du centre interdiocésain, dans la concession de la nonciature apostolique qui est une ambassade où il a fait arracher par le policier qui l’accompagnait les banderoles qui étaient déployées sur la façade du bâtiment principal du Centre. Il s’agit donc, d’après la Cenco, d’une violation des immunités diplomatiques telles que reconnues par le Traité de Vienne.

Ces banderoles, posées à l’initiative du CALCC, invitaient au respect des dispositions de la Constitution et de l’Accord de la Saint Sylvestre en apostant notamment, « Pas de 3ème mandat pour le Président de la République » et « Non à la révision de la Constitution ».

Dans sa déclaration, la Cenco dénonce « avec la dernière énergie cette violation et cette atteinte aux droits garantis des particuliers par une autorité politico-administrative » qui, d’après le communiqué, « se déclarait juriste pendant qu’il posait cet acte incivique ».

Puis d’expliquer que le centre interdiocésain se trouve dans la concession de la nonciature apostolique qui est une ambassade ! Dès lors, pour la Cenco, « Il s’agit donc d’une violation des immunités diplomatiques » et « c’est pourquoi ce geste, présentement dénoncé, mérite toute l’attention des autorités de la ville et du pays. Sinon nous conclurons au banditisme d’Etat et nous nous réservons le droit d’aller en justice », insiste l’annonce des évêques.

Le communiqué fait aussi part de l’étonnement de ceux-ci sur la motivation de violation de l’ordre public invoquée par le bourgmestre de la Gombe d’autant plus que l’accord de la Saint-sylvestre prévoit en particulier cette exclusion pour le président Kabila de se présenter à un 3ème mandat.

« La Cenco est surtout troublée par le fait que l’affichage, sur le lieu du dialogue, des fondamentaux de l’Accord de la Saint Sylvestre soit perçu par le premier citoyen de la Gombe comme un danger à l’ordre public. Pourtant cet Accord constitue, de par son inclusivité, l’unique feuille de route susceptible de sortir pacifiquement le pays de la grave crise sociopolitique qu’il traverse ».

Au final, la Cenco appelle à la restitution des banderoles arrachées et demande à la population de « demeurer vigilante et toujours prête à barrer la route à quiconque se hasardera à déconsidérer l’Accord de la Saint Sylvestre ».

 

Ci-après, l’intégrale du communiqué : 

 

COMMUNIQUE DU SECRETARIAT GENERAL DE LA CENCO

« Condamnation de la violation du domicile »

1. Le Samedi 2 juin 2018, à 15h22, Monsieur DOLLY MUTOMBO NAWEZI, Bourgmestre de la commune de la Gombe, est entré dans l’enceinte du Centre Interdiocésain où il a fait arracher par le policier qui l’accompagnait les banderoles qui étaient déployées sur la façade du bâtiment principal du Centre.

2. Ces banderoles invitaient au respect des dispositions de la Constitution et de l’Accord de la Saint Sylvestre. Plus grave encore, Monsieur le Bourgmestre a menacé les gardiens de la CENCO qui, dans le cadre de leur fonction, leur interdisaient de poser cet acte ignoble.

3. Les deux banderoles sur lesquelles était écrit : « Pas de 3ème mandat pour le Président de la République » et « Non à la révision de la Constitution », ont été posées à l’initiative du Conseil de l’Apostolat des Laïcs Catholiques du Congo (CALCC) dans le cadre de la campagne de sensibilisation à l’appropriation de l’Accord de la Saint Sylvestre par le Peuple congolais.

4. La CENCO condamne avec la dernière énergie cette violation et cette atteinte aux droits garantis des particuliers par une autorité politico-administrative qui clamait haut et fort son statut de juriste pendant qu’il posait cet acte incivique. Le comble de tout c’est que le Centre Interdiocésain se trouve dans la Concession de la Nonciature Apostolique qui est une Ambassade. Il s’agit donc d’une violation des immunités diplomatiques. C’est un scandale et c’est inacceptable. C’est pourquoi ce geste, présentement dénoncé, mérite toute l’attention des autorités de la ville et du pays. Sinon nous conclurons au banditisme d’Etat et nous nous réservons le droit d’aller en justice.

5. La CENCO est surtout troublée par le fait que l’affichage, sur le lieu du dialogue, des fondamentaux de l’Accord de la Saint Sylvestre soit perçu par le premier citoyen de la Gombe comme un danger à l’ordre public. Pourtant cet Accord constitue, de par son inclusivité, l’unique feuille de route susceptible de sortir pacifiquement le pays de la grave crise sociopolitique qu’il traverse.

6. A cet effet, la CENCO exige au bourgmestre Dolly MAKAMBO de restituer les banderoles et de demander pardon au Peuple congolais pour son comportement indigne. Par ailleurs, elle invite la population de demeurer vigilante et toujours prête à barrer la route à quiconque se hasardera à déconsidérer l’Accord de la Saint Sylvestre, dont la mise en œuvre intégrale garantit la tenue des élections inclusives et crédibles, le 23 décembre 2018, en vue de mettre fin à la crise que traverse notre pays.

7. Puisse le Seigneur bénir la RDC pour un avenir meilleur.

Fait à Kinshasa, le 04 juin 2018

Abbé Donatien NSHOLE

Secrétaire Général de la CENCO

Source: http://www.mediacongo.net/

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