Baccalauréat juin 2019 : des artisans de la fraude organisée devant les tribunaux

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Les plans des cartels de la fraude ont été déjoués durant les épreuves écrites de l’examen. Des responsables de l’administration publique impliqués sont aux arrêts. Certains d’entre eux répondent déjà de leurs actes frauduleux devant les tribunaux.

Aucun des sujets ayant circulé sur les réseaux sociaux, comme fuite, n’est venu au baccalauréat, toutes séries confondues.

« Certains candidats ont donné des fortes sommes pour obtenir des sujets traités. Arrivés en salle d’examen, avons constaté qu’aucun sujet n’était connu d’avance », a expliqué Jobrel Kouaka, candidat au baccalauréat série D du lycée Nganga-Edouard. Plusieurs jours avant l’examen, certains candidats se sont donc concentrés sur des faux sujets. Une perte de temps bien regrettable.

Le pire

A Kinkala, dans le département du Pool, deux artisans de la transhumance des candidats au baccalauréat ont été arrêtés par les services de sécurité.

Georges Massengo, enseignant à la retraite, exigeait aux élèves les montants allant de 25 000 à 150 000 F CFA en promettant de les inscrire à Brazzaville, Kinkala et Mindouli. Son complice, Kandza Mbemba, basé dans la capitale, était chargé de contacter les élèves souhaitant passer par ce réseau pour faire l’examen. Le dispositif mis en place par la direction de lutte contre la fraude n’a pas permis à Georges Massengo et son acolyte de passer à l’acte. Voulant se mettre à l’abri des représailles, il a quitté Kinkala pour Pointe-Noire en faisant escale à Matoumbou. La veille du lancement des épreuves, son complice a été arrêté. Bien après, les services de sécurité ont mis la main sur Georges Massengo lui-même, cerveau-pensant du réseau. Le 21 juin, jour où les épreuves écrites du baccalauréat ont pris fin, il a été présenté au parquet pour répondre de ses actes qu’il a, d’ailleurs, déjà avoués.

Les candidats qui leur avaient confié les dossiers n’ont pas pu se présenter au baccalauréat. « Il m’a dit de ne pas me tracasser, qu’il travaille à la direction des examens et concours et qu’il pouvait faire entrer mon dossier sans problème. Je lui ai remis 50 000 F CFA. Quand j’ai demandé la liste, il m’a dit que je l’aurai le jour de l’examen. Finalement, je n’ai pas pu passer les épreuves du baccalauréat », a indiqué une fille qui s’était confiée à Georges Massengo.

Un autre candidat du lycée de Mafouta s’est fait prendre. En dehors de ces quelques cas, qui ne sont pas exhaustifs, Georges Massengo a également escroqué son beau-fils… Le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation, Anatole Collinet Makosso, s’est dit choqué de voir un enseignant tombé dans de tels travers après trente-six ans de carrière.

D’autres cas déjoués

Après la ronde de quelques centres de la capitale, le ministre Anatole Collinet Makosso a fait des révélations. Selon lui, à Gamboma, dans le département des Plateaux, un des hauts cadres de l’administration publique a organisé un laboratoire devant composer en faveur de son épouse.

L’autre cas est celui d’ un directeur d’école qui n’avait pas eu son baccalauréat à l’époque où il était admis à l’Ecole nationale des instituteurs. Ce dernier a été affecté comme surveillant dans un centre alors qu’il s’était enregistré comme candidat dans un autre, de sorte que quelqu’un d’autre personne compose à sa place.

« Cette tendance à la transhumance, au mercenariat organisé par des responsables est à déplorer », a indiqué le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation. Pour ces cas-ci, a-t-il fait constater, il ne s’agit pas de la fraude scolaire des élèves à travers des artifices de tricherie connus de tous mais des responsables de l’administration avec l’intention de nuire aux valeurs de la République.

Selon le ministre Anatole Collinet Makosso, le dispositif que l’Etat a mis en place pour contrer l’industrie de la fraude va pousser les élèves à se débarrasser des comportements déviants liés à la tricherie. L’objectif étant de leur permettre d’avoir confiance en eux-mêmes afin de ne pas suivre les vendeurs d’illusions, activistes des réseaux de la fraude qui, dans certains cas ici évoqués, ont fait perdre toute une année à plusieurs candidats…

Dans l’ensemble, les épreuves du baccalauréat session de juin 2019 se sont bien déroulées, a constaté le ministre. Aucun incident majeur n’a été signalé. Après les preuves, la compilation et la correction ne sauraient tarder. Pour l’heure, les 74 216 candidats sur toute l’étendue du territoire national retiennent leur souffle en attendant les résultats.

Légendes et crédits photo : 

Deux des acteurs de la fraude arrêtés dans le Pool

Source : http://www.adiac-congo.com/

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