Attaque chimique en Syrie: voici tout ce que l’on peut affirmer

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Un sursaut: c’est ainsi que l’on pourrait qualifier la réaction de la communauté internationale après ces images, désolantes et terrifiantes, relayées par les médias du monde entier depuis deux jours, d’enfants dénudés et intoxiqués dans le nord-ouest de la Syrie. En près de 6 ans de conflit, ce n’est pas la première fois que des armes chimiques ont été utilisées, mais le réveil de personnalités fortes telles que le pape et la diplomatie européenne symbolisent l’indignation de l’opinion publique. A cet instant, voici ce que l’on peut affirmer avec certitude.

Les faits

Un raid aérien a frappé mardi vers 07H00 (04H00 GMT) Khan Cheikhoun, une petite ville contrôlée par des rebelles et des jihadistes dans la province d’Idleb dans le nord-ouest de la Syrie.

Des images du correspondant de l’AFP montrent des corps sans vie sur la chaussée, d’autres pris de spasmes et de crises de suffocation.

Selon des médecins sur place, les symptômes relevés sur les patients sont similaires à ceux constatés sur des victimes d’une attaque chimique, notamment avec des pupilles dilatées, des convulsions et de la mousse sortant de la bouche.

La nature du gaz toxique n’a pas encore été déterminée.

Le bilan

Le nombre de victimes n’a cessé de s’aggraver au fil des heures: il s’établissait mercredi à 72 morts, dont 20 enfants, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

L’OSDH a également fait état de plus de 160 blessés, de « personnes disparues ».

Qui est responsable ?

Le régime de Bachar al-Assad pour de nombreux dirigeants, notamment occidentaux.

« Toutes les preuves que j’ai vues suggèrent que c’était le régime d’Assad (…) utilisant des armes illégales en toute connaissance de cause contre son propre peuple », a affirmé le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson.

Le président français François Hollande a évoqué « la responsabilité » d’Assad dans ce « massacre », tandis que la Maison Blanche a dénoncé un « acte odieux du régime » de Damas.

La coalition nationale, importante composante de l’opposition, a mis en cause le « régime du criminel Bachar ».

Plus prudent, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a déploré mercredi que « des crimes de guerres continuent » d’être commis en Syrie. Et l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie Staffan de Mistura a assuré que l’ONU chercherait à faire « rendre des comptes » aux auteurs de cette attaque.

Une résolution présentée par Washington, Paris et Londres condamnant l’attaque et appelant à une enquête rapide doit être soumise au vote du Conseil de sécurité mercredi.

Qu’en disent le régime et ses alliés ?

L’armée syrienne a démenti « catégoriquement avoir utilisé toute substance chimique ou toxique à Khan Cheikhoun ».

Mercredi, la Russie, alliée du régime, a affirmé que l’aviation syrienne avait bombardé la veille près de Khan Cheikhoun un « entrepôt » des rebelles où étaient entreposés des « substances toxiques » destinés à des combattants en Irak.

Armes chimiques en Syrie

En août 2013, le régime a été accusé d’avoir utilisé du gaz sarin dans une attaque contre deux secteurs rebelles en périphérie de Damas qui avait fait plus 1.400 morts, selon Washington.

Le gouvernement a rejeté ces accusations et ratifié en 2013 la Convention sur l’interdiction des armes chimiques.

La Syrie est censée avoir détruit son arsenal chimique aux termes d’un accord américano-russe, mais le régime a été suspecté à plusieurs reprises d’avoir à nouveau utilisé des armes chimiques et mené des attaques au chlore.

En octobre 2016, le Conseil de sécurité avait reçu un rapport concluant que l’armée syrienne avait mené une attaque à l’arme chimique, sans doute du chlore, à Qmenas, dans la province d’Idleb, le 16 mars 2015.

Début mars, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a indiqué enquêter sur huit attaques présumées au gaz toxique commises en Syrie depuis le début de 2017.

Le régime et la Russie ont à maintes reprises accusé des groupes armés rebelles ou jihadistes d’avoir utilisé des armes chimiques.

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Moscou défend Damas après l’attaque chimique présumée

La Russie a volé mercredi au secours du régime de Damas.

Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit en urgence mercredi pour examiner les circonstances de cette attaque, qui pourrait être la deuxième « attaque chimique » la plus meurtrière depuis le début du conflit syrien.

« Toutes les preuves que j’ai vues suggèrent que c’était le régime d’Assad (…) utilisant des armes illégales en toute connaissance de cause sur son propre peuple », a ainsi déclaré le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson.

Mais l’armée russe a affirmé, sur la base « de données objectives », que l’aviation syrienne avait frappé un « entrepôt » des rebelles contenant des « substances toxiques ». En explosant, ces dernières se sont disséminées dans l’atmosphère.

Washington, Paris et Londres ont présenté un projet de résolution devant le Conseil de sécurité condamnant l’attaque et appelant à une enquête complète et rapide de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

Le texte demande également au régime, qui a démenti « catégoriquement » les accusations, de fournir les plans de vol et toute information sur des opérations militaires au moment de l’attaque. Enfin, il menace d’imposer des sanctions en vertu du chapitre 7 de la charte des Nations unies.

Embraser les fronts

L’ex-branche d’Al-Qaïda et des groupes rebelles ont promis de venger les dizaines de victimes de l’attaque, demandant à leurs combattants d' »embraser les fronts ».

L’opposition syrienne a également prévenu que l’attaque remettait en cause les négociations de paix parrainées par l’ONU à Genève et qui pour le moment n’ont abouti à rien.

« Si l’ONU est incapable d’empêcher le régime de commettre de tels crimes, comment faire réussir un processus politique en vue d’une transition (en Syrie)? », a affirmé à l’AFP Mohammad Sabra, négociateur en chef de l’opposition.

En dénonçant mardi avec fermeté l' »attaque chimique », la Maison Blanche a durci soudainement le ton à l’encontre du président Assad. Mais cette condamnation s’est accompagnée une nouvelle fois d’un appel à reconnaître la « réalité politique » en Syrie, illustrant le désarroi du nouveau locat

 

Source : Media Congo

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