Armistice du 8 mai 1945 : une commémoration particulière à Brazzaville

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La célébration de la victoire des Alliés a été marquée, le 8 mai par, entre autres, la présence de l’ambassadeur d’Allemagne en République du Congo, Klaus Peter Schick, et la décoration de quatre anciens combattants congolais.

La tradition de la commémoration de l’Armistice du 8 mai 1945, marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, a été respectée lors du 73e anniversaire. Ainsi, le ministre de la Défense nationale, Charles Richard Mondjo, le 2e vice-président du conseil municipal et départemental de Brazzaville, Fulbert Malonga, le chargé d’affaires par intérim de l’ambassade de France, Gilles Roussey, l’ambassadeur d’Allemagne, Klaus Peter Schick, et le directeur de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, le colonel Pierre Obou, ont chacun déposé une gerbe de fleurs à la place d’armes de l’Ecole militaire préparatoire général-Leclerc.

En effet, cette date marquant la capitulation allemande et la victoire des Alliés revêt, pour le Congo, un caractère particulier, puisque Brazzaville devenait aussi la capitale de la France libre, constituait ainsi une base importante de la résistance française. Délivrant le message de la secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, chargée des anciens combattants et de la mémoire, le conseiller du chef d’état-major général, le lieutenant-colonel Osiecki, a rendu hommage à leurs compatriotes et frères d’armes, combattants de 1940, Français libres qui n’ont jamais cessé le combat.

Quatre Congolais décorés

Pour témoigner de cette reconnaissance, l’attaché de défense près l’ambassade de France au Congo, le colonel Christian Piot, a décerné des médailles à quatre anciens combattants congolais ayant servi sous le drapeau français. Deux ont reçu la médaille de la reconnaissance de la nation et deux autres celle de la Croix du combattant. Capitaine des Forces armées congolaises à la retraite, Octave Jean de Dieu Ondjanguis s’est vu décerné la médaille de reconnaissance de la nation française. « J’ai quitté l’armée française depuis le 22 septembre 1962, aujourd’hui en 2018, la France pense que les services que j’ai rendus pour les quelques théâtres de guerres qu’elle a gagnés, j’y ai contribué efficacement. A travers cette médaille, je peux faire des va-et-vient en France, il n’y a plus de difficultés pour moi », s’est-il réjoui, précisant que sa pension française est très loin de celle qu’il gagne au Congo.

Selon le colonel Christian Piot, ces décorations témoignent de la reconnaissance de la nation française. « Ce sont des décorations qui montrent que ces anciens ont participé à différentes guerres sous le drapeau français à l’époque coloniale. Ils ont souvent payé cher pendant ces combats. Donc nous Français, devons remercier tous ces anciens combattants qui sont encore vivants et qui méritent d’être reconnus à travers leur sacrifice », a expliqué l’attaché de défense près l’ambassade de France.

Revenant sur la célébration de la date du 8 mai 1945, il a rappelé que c’est un moment de souvenir du sacrifice de toutes les personnes ayant disparu pendant la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit notamment des combattants français et alliés ainsi que ceux qui venaient d’Afrique, particulièrement du Congo, où ils étaient très nombreux à participer à la libération de la France depuis Brazzaville en passant le Tchad et la Libye, en remontant jusqu’en France pour sa libération avec le maréchal Leclerc.

« Donc, nous souhaitons commémorer cela et se souvenir aussi de tous ceux qui sont morts pendant cette guerre (les victimes de cette guerre, les déportés dans les camps en Allemagne) et les victimes civiles mortes dans les bombardements. Je pense que les jeunes d’aujourd’hui peuvent retenir le sacrifice d’hommes et de femmes qui ont donné leur vie pour la libération de la France », a conclu le colonel Piot.

Notons que les autres temps forts de cette célébration ont été la sonnerie aux morts et l’exécution des hymnes nationaux, notamment la Marseillaise et la Congolaise, joués par la musique des Forces armées congolaises.

Légendes et crédits photo : 

Cérémonie de recueillement à la place d’armes de l’Ecole militaire préparatoire général-Leclerc ; Le colonel Piot décorant des anciens combattants congolais/Adiac

Source : http://www.adiac-congo.com/

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