Aperçu historique: zoom sur la Comilog

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Le Congo possède à l’heure actuelle deux lignes de chemin de fer, la première, le Chemin de fer Congo Océan (CFCO) dont la construction dans les années 1930 fut à la fois un exploit technique et un effroyable drame humain, puisque près de vingt mille hommes y trouvèrent la mort. La seconde, la ligne Comilog, une initiative privée, construite dans les années 1950 pour permettre l’exportation du minerai de manganèse gabonais. 

La ligne Comilog (Compagnie minière de l’Ogooué) a été exploitée pendant près de trente ans pour transporter le manganèse extrait de la région de Franceville, au Gabon, à Moanda. Cette voie ferrée rejoint celle du CFCO et Pointe-Noire, port ouvert sur l’Océan Atlantique.

L’exploitation de l’important gisement de manganèse par la Comilog, une société française, a débuté en 1953. La situation géographique de la mine, au milieu du pays, rendait problématique le transport du minerai. La Comilog a donc fait construire spécifiquement dans ce but, entre 1959 et 1962, une voie de chemin de fer. A l’époque, aucun problème, les deux territoires issus de l’Afrique équatoriale française, le Gabon et le Congo, collaborant très bien.

George Perrineau, concepteur et constructeur de la voie

George Perrineau (1912-1994), ancien élève de l’Ecole polytechnique et de l’Ecole des mines de Paris, est chargé de concevoir et construire un moyen de transport entre la mine et le CFCO. Il décide de construire un téléphérique de Moanda au village de Mbinda, au Congo. L’ouvrage est l’un des plus longs de ce type au monde. Il parcourt 76 km, comporte 858 pylônes de 5 à 74 m de hauteur et fonctionne 24h/24. De Mbinda, une ligne de chemin de fer est construite jusqu’à Mont-Bello où passe le CFCO. Puis, les trains empruntent la voie ferrée existante jusqu’au port de Pointe-Noire.

La mine ouvre en 1957 et le téléphérique est inauguré en 1959. Le lien est achevé lorsque la branche ferroviaire, longue de 285 Km, est mise en service en 1962.

L’exploitation de cette ligne a subitement cessé en 1991. Un terrible accident provoqua la mort d’une centaine de personnes, lors de la collision d’un train de voyageurs avec celui de la Comilog, le 5 septembre 1991, à Mvoungouti.

Le contexte a également changé. Désormais depuis 1986, le chemin de fer transgabonais (669 km) permet depuis Franceville de rejoindre la côte à Owendo, près de Libreville. Plus besoin de passer par le Congo !

L’accident n’était peut-être qu’un prétexte pour opérer un revirement stratégique… Au-delà du fait d’être indépendante du Congo, la nouvelle voie gabonaise, avec un écartement « normal » (1,435 m contre 1,067 m pour la voie congolaise, standard adopté historiquement dans la perspective de se connecter avec le Congo belge et les colonies anglaises en Afrique), permet un transport de charge plus important. La Comilog, devenue filiale du groupe français Eramet en 1996, négocie finalement un accord en 2003 avec les gouvernements du Congo et du Gabon.

Un espoir, la société d’exploitation de fer de Mayoko

Depuis, la ligne Comilog est gérée par le CFCO qui a bien du mal à entretenir son réseau vieillissant. Elle ne sert guère qu’à un trafic restreint pour des voyageurs avec un train mixte (voyageurs et fret) par semaine. Mais ce dernier ouvrage, presque abandonné depuis 1991, est sur le point de retrouver son lustre en raison de la mise en exploitation par une société de gisements de minerai de fer, à proximité immédiate de la petite localité de Mayokosituée sur son tracé. A noter qu’à Mossendjo, au-dessus de la gare, il y a la case de passage CFCO. Clin d’œil à la tradition ancestrale qui consiste à réserver une case aux voyageurs de passage dans les villages.

 

Légendes et crédits photo : 

Photo: voie ferrée en direction de Mossendjo

Source : http://www.adiac-congo.com/

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