Allemagne : Annegret Kramp-Karrenbauer succède à Angela Merkel à la tête de la CDU

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Angela Merkel a fait ses adieux à son parti, le 7 décembre à Hambourg, où son successeur a été désigné.

En élisant « AKK », comme l’a baptisée la presse allemande, les mille cent un délégués du parti présents au 31e congrès de la CDU (Union chrétienne-démocrate d’Allemagne) ont fait le choix de la continuité. Pour succéder à Angela Merkel, qui présidait le parti depuis dix-huit ans, ils ont élu celle qui, des trois candidats en lice, est la plus proche de la chancelière, politiquement autant que personnellement.
Née en 1962 dans la Sarre, près de la frontière française, où elle a fait toute sa carrière politique, catholique pratiquante et mère de trois enfants, AKK n’incarne pas la même Allemagne que son prédécesseur, fille de pasteur protestant, élevée à l’est du rideau de fer et dont le fief électoral se trouve à Stralsund (Mecklembourg-Poméranie-Occidentale), au bord de la Baltique, en ex-République démocratique allemande.
Politiquement, les deux femmes ne sont pas non plus tout à fait sur la même ligne. Certes, Kramp-Karrenbauer répète que la CDU doit rester un « grand parti populaire du centre » (Volkspartei der Mitte), autrement dit qu’il ne doit pas céder à la tentation du populisme dans l’espoir de ramener au bercail les électeurs conservateurs tentés par le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne.
Quand AKK a été élue pour la première fois ministre-présidente de la Sarre, en 2011, elle a ainsi d’abord gouverné avec les écologistes et les libéraux à la tête d’une coalition dite « jamaïcaine » (noir-jaune-vert). Mais cela ne l’a pas empêchée, un an plus tard, après le départ des libéraux de sa majorité, de s’allier cette fois avec les sociaux-démocrates, avec qui elle a dirigé la Sarre jusqu’en février 2018, lorsque Angela Merkel l’a nommée secrétaire générale de la CDU.
Pragmatique, Kramp-Karrenbauer n’en est pas moins une femme de convictions et de combats. Au sein de la CDU, elle défend ainsi de longue date l’instauration de quotas pour les femmes, afin qu’elles soient mieux représentées sur la scène politique.
Sur le terrain social, AKK est classée à gauche de la CDU, notamment en raison de son combat pour le salaire minimum, qu’elle défendait contre la majorité de son parti avant que le gouvernement de « grande coalition » d’Angela Merkel ne l’instaure, en 2015. Ces dernières semaines, l’ancienne ministre-présidente de la Sarre a, d’ailleurs, reçu le soutien de l’influente Organisation des travailleurs chrétiens-démocrates, l’aile « sociale » de la CDU.
Sur le plan sociétal, AKK est en revanche nettement plus conservatrice qu’Angela Merkel. Cela ne date pas d’hier. En 2000, au sein du gouvernement régional de la Sarre, Kramp-Karrenbauer fut la première femme à accéder à un poste de ministre de l’Intérieur en Allemagne. De cette expérience, qui dura sept ans, elle a gardé un intérêt particulier pour les questions de sécurité et une réputation de femme d’ordre, particulièrement appréciée par la police.
En 2015, alors ministre-présidente de la Sarre, AKK a soutenu la politique d’accueil des réfugiés d’Angela Merkel au nom des valeurs chrétiennes. Mais cela ne l’a pas empêchée de mener une politique de grande fermeté. Avec la Bavière, la Sarre est ainsi le Land qui, ces trois dernières années, a procédé au plus grand nombre de reconduites à la frontière de demandeurs d’asile déboutés.
 

Source : http://www.adiac-congo.com/

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