Afrique : les Etats-Unis engagés dans la lutte contre le terrorisme

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Le gouvernement de Donald Trump montre un intérêt croissant dans la lutte contre le terrorisme en Afrique. 

L’administration du président sortant, Barack Obama, mettait en avant son bilan en Afrique, à travers l’éducation, l’énergie et des échanges commerciaux. L’arrivée de Donald Trump montre une militarisation croissante de la politique américaine, due à la lutte contre le terrorisme en Afrique et dans le monde. Ce qui tend à devenir le prisme dominant de l’approche américaine de l’Afrique, avec le soutien du congrès. 

La nouvelle orientation d’Africom
Cette évolution s’inscrit dans la transformation du Commandement militaire américain chargé de l’Afrique (Africom), créé en 2007, qui va passer d’une approche globale civilo-militaire à un commandement combattant. Aujourd’hui, les Etats-Unis comptent environ 6 000 soldats en Afrique, donc 4 000 sur base de Djibouti. Leur rôle premier est d’appuyer, former et assister les forces locales – éviter le traumatisme de Mogadiscio en 1993 sous Clinton. Le slogan étant « solutions africaines aux problèmes africains ».
Mais Donald Trump reste sur la lancée de son prédécesseur Barack Obama. Tout en poursuivant la guerre globale contre les groupes djihadistes, il a modifié son approche militaire. L’augmentation de groupes terroristes et de leurs activités justifierait cela. L’Afrique est devenue un laboratoire, avec le concept « empreinte légère » qui repose sur la formation, l’équipement et l’appui aux forces armées du pays menacé par le terrorisme. 

Les foyers de tension 
Le département d’Etat identifiait en 2012 quatre organisations terroristes en Afrique subsaharienne. Aujourd’hui, ils seraient  quatre fois plus, selon les experts. Pour les Etats-Unis, la  priorité en Afrique est la Somalie et leurs Chabab, identifiés par Africom comme la menace principale visant les intérêts américains. L’autre foyer de menace, c’est l’Afrique du Nord et de l’Ouest, en particulier le Sahel où Washington agit en soutien de l’opération française Barkhane et la Libye,  les Etats-Unis interviennent  directement depuis l’été 2016. 
Le troisième foyer est la lutte contre Boko Haram ( Nigéria, Cameroun), en coopération avec la France et la Grande-Bretagne. A en croire le chef de l’US Army, 80 % des activités prévues en 2018 pour les forces terrestres américaines en Afrique concernent le bassin du lac Tchad (Tchad, Niger, Nigeria, Cameroun). Le département d’Etat, a, de son côté, confirmé un engagement financier supplémentaire des Etats-Unis pour le Sahel, à hauteur de 60 millions de dollars.

Des évolutions en cours
Washington découvrait avec la mort de 4 de ses soldats, l’ampleur du terrorisme au Niger. Ce pays compte 800 soldats américains ( la 2e base la plus importante hors Djibouti) et plusieurs bases sur son sol, dont une base américaine en construction pour l’accueil des drones.  Le débat en cours est de savoir s’il faut armer les soldats américains, à la demande du Niger. Cette présence serait liée à l’alourdissement de l’empreinte américaine depuis l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche. 
Une évolution également observable en Somalie, où les Etats-Unis ont quadruplé le nombre de leurs soldats, un effectif qui a atteint 400 hommes.  On peut aussi constater l’intensification des frappes et raids en Libye et en Somalie, soit 500 frappes en Libye, une douzaine de raids en Somalie. Pour les Américains, les conditions de terrain ont changé, et la politique du pays a évolué. Au vu des déclarations récentes du secrétaire à la défense James Mattis, suite à l’affaire du Niger, « le focus africain du contre-terrorisme américain » pourrait s’accentuer.
Jusqu’ici, plus des 3/4 de l’aide américaine à l’Afrique sont affectés à des programmes de santé, notamment la lutte contre le sida.  Ces programmes risquent d’être remis en question par le processus en cours, renforçant l’approche « militarisée », et limitant l »empreinte légère ».

 

Source : adiac-congo.com

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