Affaire recrutement des mercenaires : le procès contre Katumbi renvoyé au 10 octobre

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A l’issue d’une courte audience publique, le 27 juin, la Cour a décidé d’ajourner l’affaire, après avoir révélé qu’aucune assignation à comparaître n’était parvenue à l’opposant congolais et à l’Américain Darryl Lewis.

 

 

Prévu le 27 juin, le procès tant attendu de Moïse Katumbi sur l’affaire de recrutement des mercenaires qui l’oppose au procureur général de la République n’a pas eu lieu. De nombreux Kinois qui se sont rendus dans la matinée à la Cour suprême de justice à la Gombe, faisant office de Cour de cassation, sont rentrés déçus. L’audience n’a duré que quelques bonnes minutes, le temps pour la Cour d’examiner les différentes exceptions soulevées par la défense, notamment sur la régularité de saisine. A ce sujet, le collectif d’avocats de Moïse Katumbi a stigmatisé une série d’irrégularités qui ont entaché la procédure et, par conséquent, biaisé l’ouverture même du procès. C’est ainsi qu’il a été révélé par la Cour qu’aucune assignation à comparaître n’est parvenue à l’opposant congolais et à l’Américain Darryl Lewis, accusé de l’avoir aidé dans le processus de recrutement des mercenaires. Il appert, en effet, que la procédure de notification à comparaître n’a pas été respectée. « Katumbi n’est plus à l’adresse où cette notification a été envoyée, de même pour Darryl Lewis qui se trouve à l’étranger », a-t-on entendu dire de la part des juges.

Aucun de ces deux principaux accusés n’était présent dans la salle. Si pour l’ex-gouverneur, en exil depuis plusieurs mois à l’étranger, sa comparution relevait du domaine de l’impossible au vu des charges qui pèsent sur sa personne, Darryl Lewis, lui, était prêt à venir à Kinshasa et à comparaître, à en croire la défense. L’Américain  se serait rendu dans une ambassade congolaise pour obtenir le visa d’entrée en RDC mais sans suite favorable, ont indiqué les avocats de Katumbi pour lesquels il n’y avait pas d’affaire. Faisant le constat d’absence des prévenus dans cette affaire avec, à la clé, une procédure de notification à comparaître totalement biaisée, la Cour a été obligée de la renvoyer au 10 octobre. « Puisque la Cour suprême est l’instance supérieure qui respecte les formes, nous espérons qu’à la date du 10 octobre, elles seront respectées. Si elles sont respectées, nous allons plaider sur le fond. Nous avons des éléments », a réagi Me Mukendi, le président du collectif d’avocats de Moïse Katumbi.  

Ayant eu vent de ce report, Moïse Katumbi, président de la plate-forme « Ensemble pour le changement », a vite fait de réagir via son compte twitter. « Je salue la décision de la Cour suprême de reporter ce procès de la honte. Cela nous permet d’espérer une vraie justice en RDC », a-t-il écrit. L’ex-gouverneur du Katanga a,  par ailleurs, remercié les Kinois qui s’étaient déplacés en masse pour manifester leur soutien à sa personne devant la Cour suprême de justice.

Pour rappel, Moïse Katumbi est poursuivi dans cette affaire pour atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat depuis mai 2016. Au total, l’opposant congolais fait face à neuf dossiers judiciaires dont le dernier en date est celui de passeport falsifié pour lequel le procureur général de la République a ouvert une information judiciaire à sa charge. Les soutiens du richissime homme d’affaires parlent d’un acharnement contre ce dernier en vue de l’écarter de la course à la présidentielle de décembre.

Source : http://www.adiac-congo.com/

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