Affaire Khashoggi : la Turquie veut faire arrêter deux proches du prince «MBS»

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Les autorités turques tentent d’impliquer davantage le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, soupçonné d’avoir commandité l’assassinat du journaliste à Istanbul.

Dans l’affaire Khashoggi, la Turquie ne désarme pas, bien décidée à mettre la pression sur l’Arabie saoudite. Un procureur turc a réclamé des mandats d’arrêt contre deux anciens membres de la garde rapprochée du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, alias « MBS », dans le cadre de l’enquête turque sur le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, selon la requête du parquet obtenue mercredi par l’AFP.

Le bureau du procureur général d’Istanbul a demandé mardi l’émission de mandats d’arrêt contre Ahmed al-Assiri et Saud al-Qahtani, les soupçonnant de « faire partie des planificateurs » du meurtre du journaliste, assassiné le 6 octobre à l’intérieur du consulat arabe d’Ankara, en Turquie. Ces deux hommes, proches du prince héritier, ont été accusés par Ryad d’avoir participé à l’exécution « accidentelle » de Khashoggi.

Cette démarche de la Turquie vise à obliger l’Arabie à sanctionner les deux hommes comme « planificateurs ».

Ont-ils été limogés pour dédouaner MBS ?

Le général Ahmed al-Assiri, n° 2 des services de renseignement saoudiens, est depuis la mi-octobre désigné par Ryad comme celui qui aurait donné l’ordre de ramener le journaliste « de gré ou de force ». Saud al-Qahtani, tout aussi proche de Mohammed ben Salmane que le général al-Assiri, était, jusqu’à son arrestation, le plus proche conseiller du prince. Ces deux limogeages étaient apparus comme une manœuvre pour dédouaner le prince héritier, et un gage aux partenaires internationaux, obligés de prendre parti dans l’affaire.

A ce jour, le royaume saoudien fait la sourde oreille aux demandes du président turc, Recep Tayyip Erdogan, d’extrader 18 de ses ressortissants, mis en cause dans la disparition criminelle du journaliste en exil.

Si l’allié américain continue de soutenir MBS, Donald Trump ayant fait savoir que les éléments de la CIA n’étaient pas concluants, des sénateurs républicains ont affirmé le contraire, mardi, après avoir été informés à huis clos des conclusions de la CIA. « Je n’ai aucun doute sur le fait que le prince héritier a ordonné le meurtre et a été maintenu au courant de la situation tout le long », a déclaré à des journalistes Bob Corker, chef de la puissante commission des Affaires étrangères, en sortant d’une réunion avec Gina Haspel, la directrice de la CIA.

Lindsey Graham, pourtant un allié du président Trump au Sénat, a confirmé penser que MBS était « complice du meurtre de M. Khashoggi au plus haut niveau possible ». « L’Arabie saoudite est un allié stratégique et cette relation vaut la peine d’être sauvée, mais pas à tout prix », a-t-il fait valoir.

Source: http://www.mediacongo.net/

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