Affaire Katumbi-Stoupis : le juge Jacques Mbuyi Lukasi a survécu à ses graves blessures

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Après cinq mois de soins intensifs dans l’inconscience, à Johannesburg, et près de six autres mois d’isolement, le magistrat se porte bien à présent, même s’il a perdu l’usage effectif de sa jambe droite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jacques Mbuyi Lukasia connu des opérations chirurgicales extrêmement délicates, notamment l’élimination d’une partie de l’intestin grêle et du rectum, la colostomie temporaire (un transit intestinal vers un appareillage spécifique extérieur), des greffes des muscles de l’abdomen et des fessiers, le nettoyage général du sang par des transfusions à répétition dues à une grave septicémie (infection générale du sang causée par des balles empoissonnées),  des multiples séances de dialyse ainsi que des soins des grosses plaies causées par l’explosion des balles à leurs sorties du corps. Il peut aujourd’hui se dire : « Je suis un miraculé ».

Selon l’Institut de recherche en droits humains (IRDH) qui se réjouit de l’évolution de son état de santé, ce juge évacué en Afrique du Sud pour ses soins, après l’attaque dont il a été victime l’année dernière, est bien portant et sain d’esprit. L’association note, par ailleurs, qu’il a perdu l’usage normal de la jambe droite dont le nerf sciatique a été touché par une balle.

À en croire le bulletin électronique publié le 4 juin par l’IRDH, c’est le 1er du même mois que Jacques Mbuyi Lukasu, juge au Tribunal de Grande instance (TGI) de Lubumbashi, a quitté l’hôpital de Johannesburg où il a été soigné de ses multiples blessures graves, causées par des balles tirées dans son abdomen et des bouteilles cassées sur sa tête, à son domicile de Lubumbashi, dans la nuit du 18 au 19 juillet 2017.

Victime de la volonté de dire le droit

Rappelons que le 23 juillet 2017, aux premières heures du matin, l’IRDH, avec l’appui des partenaires internationaux, avait facilité le transfert, à Johannesburg, du juge Mbuyi qui avait échappé d’une tentative d’assassinat par des personnes non identifiées. Dans son bulletin du 4 juin, l’ONG fait savoir qu’à sa sortie d’hôpital, la victime a affirmé que ses assaillants disaient avoir reçu la mission de le tuer d’une haute personnalité politique directement intéressée par l’affaire en appel dans sa chambre, au TGI de Lubumbashi, opposant Emmanuouïl Alexandros Stoupis à Moïse Katumbi Chapwe. Pour l’IRDH, le juge Mbuyi se convainc donc que la tentative de son assassinat est liée à son refus d’obtempérer à un ordre manifestement illégal de « lire un jugement préétabli confirmant, en appel, une décision judiciaire » condamnant Moïse Katumbi, sans qu’il dise le droit.

À ce jour, malgré les sévices subis et son état de santé, la victime, selon l’IRDH, pense que la menace continue à peser sur lui, ladite affaire demeurant pendante. « De ce fait, il craint pour sa sécurité et celle de sa famille et n’envisage pas rentrer en RDC, tant que les instances judiciaires compétentes n’auront pas élucidé les circonstances ainsi décriées », a souligné l’association. Se joignant à la voix de ce juge victime de sa volonté de bien faire son travail, l’IRDH en appelle à sa protection internationale et attend également du procureur général de la République de diligenter une enquête afin que les coupables et leurs commanditaires soient trouvés, jugés et condamnés.

Légendes et crédits photo : 

Une toge de juge

Source : http://www.adiac-congo.com/

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