Affaire « Black Cube »: Quand Joseph Kabila utilisait des anciens du Mossad contre l’opposition

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Uvda, une émission d’investigations de la télévision israélienne Channel 12, livre les secrets de l’entreprise de renseignement privée Black Cube, impliquée ces dernières années dans des opérations souvent à la limite du légal et de l’éthique. Au Congo, affirme l’émission, les agents de Black Cube ont franchi toutes les limites.

Black Cube, une société d’anciens agents des services de renseignement israéliens, a attiré l’attention de la presse internationale, de Mossad et des services secrets des certains pays étrangers pour avoir prétendument œuvré à discréditer les responsables de l’administration Obama qui avaient participé à la négociation de l’accord sur le nucléaire iranien. Mais aussi, pour avoir fait de l’espionnage sur certains parlementaires et officiels israéliens pour le compte du milliardaire israélien Idan Ofer.

L’enquête a également exploré les liens de Black Cube avec l’ancien président congolais, Joseph Kabila qui aurait utilisé les services de la société pour réprimer les militants de l’opposition.

Joseph Kabila utilisait des anciens du Mossad contre l’opposition

Nous sommes fin 2015. L’opération Coltan est lancée par Black Cube ; un des plus importants projets menés par cette entreprise de renseignement privée dont la majorité des employés sont des anciens des services secrets israéliens. Le Mossad, le Shin Bet et aussi 8.200, l’unité de cybersécurité de l’armée israélienne.

Son directeur Dan Zorella rencontre le président congolais Joseph Kabila. Des entretiens qui selon l’émission Uvda vont devenir de plus en plus réguliers. Sous couvert d’anonymat un ancien employé de Black Cube explique : « Kabila voulait tout savoir ce qui se passait lors des réunions de l’opposition. Qui participe et qui s’attaque au président. Il voulait savoir s’il y a des proches qui le trahissent. Qui étaient les traîtres. Et il y avait des traîtres. »

Toujours selon Uvda, une dizaine d’agents de Black Cube font d’un étage d’un grand hôtel de Kinshasa le quartier général d’un service de renseignement officieux.

En 2016, fait remarquer l’émission d’investigations, 17 opposants au régime congolais sont tués par balle lors de manifestations. Parallèlement une agente de Black Cube tente d’enquêter, mais sans succès semble-t-il sur les relations entre Kabila et l’homme d’affaires israélien Dan Gertler.

Black Cube n’a pas réagi sur l’affaire congolaise, mais l’entreprise qui possède des bureaux à Londres a porté plainte en diffamation devant un tribunal britannique contre l’émission Uvda et la journaliste Ilana Dayan, et exige 15 millions de livres sterling de dommages et intérêts.

Fondé en 2010, Black Cube offre des services des renseignements aux compagnies, aux individus ainsi qu’aux gouvernements. La plupart des employés de la société sont des anciens militaires des unités de renseignement de l’armée israélienne, le Mossad ou le Shin Bet.

Black Cube a été mis sous les projecteurs de la presse, pour la première fois, en 2017 lorsque le journal américain The New Yorker avait annoncé que Black Cube avait été embauché par le producteur hollywoodien Harvey Weinstein pour espionner les femmes qui l’accusaient de mauvaise conduite sexuelle. Depuis lors, le nom de la société avait été associé dans de nombreux articles de presse à l’espionnage de membres du personnel de l’administration Obama, d’un juge canadien à la retraite, de plusieurs ONG hongroises associées à l’homme d’affaires américano-hongrois George Soros qui soutiendrait certains les mouvements citoyens de la République Démocratique du Congo.

 

Source: http://www.mediacongo.net/

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