5 février 1979.  » Respecter la ligne des masses »

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Dans son numéro n° 146 du 9 février 1979, le journal Mweti résumait sous cette formule le discours prononcé par Denis Sassou N’Guesso à la clôture des travaux de la session du comité central du Parti congolais du travail (PCT), tenue à Brazzaville, du 5 au 8 février de la même année.   

La mort tragique du président Marien Ngouabi, le 18 mars 1977, créait un climat de psychose dans le pays. Le comité central du PCT, inquiet des débordements que pouvait engendrer cette situation, décidait de déléguer pleins pouvoirs à un Comité militaire du parti (CMP), composé de onze membres, avec pour tâches, entre autres, préparer les obsèques nationales du président assassiné, gérer l’Etat et assurer la défense du territoire et la sécurité du peuple, jusqu’à nouvel ordre.

Chemin faisant, l’on constatait que les pouvoirs du CMP, pourtant instance provisoire, tendaient à s’éterniser. Cependant, les membres du PCT attendaient d’être fixés sur la convocation des assises du 3e congrès extraordinaire de leur parti comme l’avait préconisé, quelques jours avant sa mort, le président Marien Ngouabi. Pour le président du comité central du parti, ce congrès visait à doter le pays d’institutions révolutionnaires stables.

C’est dans ce contexte politique que le président du CMP, président de la République, Jacques Joachin Yhomby Opango, dans son message de fin d’année, le 31 décembre 1978, annonçait la tenue d’un congrès ordinaire du parti. Il n’en fallait pas plus pour le PCT de qualifier cette annonce de provocation, entraînant des réactions en chaîne. La première était celle de l’Union de la jeunesse socialiste congolaise, fer de lance de la révolution, qui, au cours de son meeting le 30 janvier 1979, Place de la gare à Brazzaville, dénonçait la mise en quarantaine du parti et revendiquait la tenue du 3e congrès extraordinaire.

Comme le petit nuage qui annonce l’orage, ce meeting peut-être considéré comme l’événement déclencheur du Mouvement du 5 février 1979. Il étalait au grand jour les contradictions qui existaient alors dans la marche du pays. Deux lignes diamétralement opposées s’affrontant à coup de noms d’oiseaux : la ligne « juste » incarnée par les révolutionnaires congolais et la ligne dite erronée chargée de liquider le parti de l’intérieur en entravant le fonctionnement régulier du centralisme démocratique et en tentant d’instaurer le pouvoir d’un individu ou d’un groupe d’individus au détriment du comité central, l’instance suprême du parti à l’intervalle des congrès.

L’affrontement de deux courants déboucha sur l’ouverture, le 5 février 1979, de la session du comité central du PCT. Les travaux de cette session s’achevaient, le 8 février 1979, par la mise en place d’un comité préparatoire du 3e congrès extraordinaire du parti, comité à la tête duquel était porté le colonel Denis Sassou N’Guesso.

Telle est la genèse du 5 février 1979, mouvement qui enclencha la marche du colonel Denis Sassou N’Guesso vers la magistrature suprême de la République du Congo.

Le 5 février 1979, jour de l’ouverture de la session extraordinaire du comité central, symbole du rétablissement du parti dans ses pleins pouvoirs, ce jour-là, une ligne politique a triomphé sur une autre. La ligne dite juste, celle défendue avec opiniâtreté par Denis Sassou N’Guesso et ses compagnons, l’a emporté sur la ligne erronée, la tendance droitière et « liquidationniste » dont la pratique consistait à la mise en quarantaine des institutions révolutionnaires.

Source : http://www.adiac-congo.com/

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