Football: Silvio Berlusconi vend le mythique Milan AC à des Chinois | Congo Actuel

Football: Silvio Berlusconi vend le mythique Milan AC à des Chinois

l'AC Milan, version Berlusconi, c'est fini ! Après plus de 30 ans de règne, le milliardaire a vendu l'AC Milan à des investisseurs chinois et clôt ainsi un immense chapitre de l'histoire du club et du football italien.

C'est la fin d'un marathon économique et sportif. L'AC Milan, l'un des clubs de football les plus célèbres et les plus titrés de la planète, a enfin été cédé par le milliardaire et ex-homme politique italien Silvio Berlusconi au Rossoneri Sport Investment Lux, un groupement d'investisseurs chinois. Le montant de l'opération s'élève à 740 millions d'euros, dont 220 millions consacrés au remboursement des dettes contractées par l'institution lombarde en juin dernier.

Silvio Berlusconi tout comme son éternel collaborateur Adriano Galliani ne font plus partie de l'équipe dirigeante. La présidence est désormais assurée par Yonghong Li. Il sera assisté par Marco Fassone, nouvel administrateur délégué, et par Massimiliano Mirabelli, désigné directeur sportif. La société de Silvio Berlusconi, Fininvest, qui détenait les droits de propriété du club, n'est donc plus aux commandes.

Du dépôt de bilan aux paillettes

C'est un immense chapitre de l'histoire de l'AC Milan qui s'achève, sans doute le plus faste. L'épopée commence en février 1986. À cette époque, les Rossoneri sont moribonds malgré la présence de la légende Gianni Rivera au poste de vice-président. Incapable de perdurer dans l'élite, l'AC Milan se trouve même au bord du dépôt de bilan jusqu'à ce que Silvio Berlusconi rachète le club.

Son style décapant, sa fraîcheur, son charisme sont alors une aubaine pour le club lombard qui se met de nouveau à rêver. Berlusconi symbolise la réussite économique en Italie et veut rendre contagieux son succès au profit de sa nouvelle monture sportive. Il faut dire que cet homme d'affaires n'a pas voulu investir dans l'AC Milan par appât du gain comme un fonds d'investissement focalisé sur la rentabilité à court terme.

Non, Berlusconi est un fervent et sincère passionné de football et a parfaitement compris qu'il fallait se concentrer sur la modernisation sportive du club pour remettre le club sur pied. Il transforme le centre de Milanello en véritable laboratoire d'ingénierie footballistique, informatise la vente des billets, réévalue les salaires et fait un premier investissement de 100 milliards de lires.

Le recrutement fait mouche aussi à quasi tous les coups. Autour du capitaine Franco Baresi, milanista jusqu'au sang, Berlusconi mise sur de bons joueurs italiens confirmés ou prometteurs comme Ancelotti, Maldini, Massaro ou Donadoni et, surtout, sur des immenses stars en devenir que sont les trois Néerlandais : Ruud Gullit, Marco Van Basten et Frank Rijkaard.

Le trio magique Rijkaard-Gullit-Van Basten

Marco van Basten, Frank Rijkaard et Ruud Gullit posant avec la Coupe au Grande Oreille après la victoire conte Benfica (1-0) en 1990. 

Réunir ces trois joueurs au sommet de leur art sous le maillot d'un même club est l'un des plus beaux coups de toute l'histoire du foot en matière de transferts. Le recrutement de ces trois joueurs symbolise ce que veut faire Berlusconi de l'AC Milan : une institution à vocation mondiale et universelle, une sorte de campagne de publicité Benetton à la sauce football. Le trio magique multiplie les séances photo tellement leur arrivée est un retentissement. Avec Diego Maradona à Naples, les Hollandais rossoneri sont les piliers de cet âge d'or de la Série A qui marquera à vie tous les passionnés du football des années 1990.

Derrière ces paillettes, Silvio Berlusconi va aussi aller chercher un coach quasiment inconnu qui va révolutionner la tactique. Arrigo Sacchi, qui officie alors à Parme en Série B, débarque en 1987 au Milan.

Sacchi et Franco Baresi avec la Coupe Intercontinentale que l'AC Milan venait de gagner en 1989.

Ce technicien anonyme est en réalité un génie de la science tactique et va inculquer à ses joueurs de l'AC Milan un style de jeu offensif et spectaculaire basé sur le pressing et la défense de zone au détriment du marquage individuel. 

Résultat, les Rossoneri s'adjugent deux C1 deux années d'affilée (1989 et 1990). Aucune équipe n'a pu réitérer cet exploit depuis, y compris le FC Barcelone et le Real Madrid.

Une multinationale familiale

La succession de Sacchi, en 1991, se fait sans heurts et témoigne de la qualité sportive du club. Fabio Capello, ancien grand joueur de la Roma, s'asseoit sur le banc. Il donne un style plus rugueux à son équipe. Mais celle-ci devient plus carnassière dans la victoire, comme le prouve cette série d'invincibilité de 58 matches entre 1992 et 1993. La victoire 4-0 contre Barcelone en finale de Ligue des champions en 1994 sera le bouquet final de ce premier âge d'or. Après un petit passage à vide entre 1996 et 1998, le club retrouve les lauriers en 1999 en remportant un nouveau Scudetto.

Mais la venue de deux hommes – un joueur, Andriy Chevtchenko en 1999, et un entraîneur, Carlo Ancelotti, en 2001 – va permettre d'écrire une nouvelle belle histoire. L'Ukrainien, serial buteur, s'adjuge une Ligue des champions en 2003 et un Ballon d'or en 2004 sous la houlette de Mister Carlo. Ce dernier réalise d'autres jolis coups tactiques comme le positionnement d'Andre Pirlo en meneur de jeu reculé, la stabilisation de Clarence Seedorf dans son rôle de relayeur-créateur et la possibilité offerte à des papis comme Maldini ou Costacurta de pouvoir jouer, et gagner des titres, jusqu'à l'âge de 40 ans.

Ancelotti, Berlusconi et Maldini (de gauche à droite), trois personnalités qui ont connu tous les grands succès de l'AC Milan depuis 30 ans. (© AFP/ Alberto Pizzoli)

Cette longévité est justement l'une des marques de fabrique de la maison AC Milan. Kaladze, Boban, Ambrosini, Serginho, Tassotti, Inzaghi, Donadoni, etc., de nombreux joueurs ont joué durant près d'une décennie sous les couleurs rossoneri. Même des flops comme Ibrahim Ba font preuve de fidélité à l'institution, qui a d'ailleurs offert au Français un poste de recruteur lorsqu'il s'est avéré qu'il ne pouvait percer comme joueur. Les stars ont beau défiler et s'empiler, les titres peuvent s'additionner et la réputation s'accroître jusqu'à un niveau planétaire, on perçoit paradoxalement de réelles valeurs familiales au sein du club tout au long de cette ère berlusconiste qui ont contribué à la gloire des Milanista.

La Chine rachète le club mythique de Silvio Berlusconi 

Silvio Berlusconi et le nouveau propriétaire chinois du Milan AC, Li Yonghong, le 13 avril. (© Livio Anticoli/AFP)

L'homme d'affaire chinois, Yong Hong Li, rachète le Milan AC pour 740 millions d'euros. "Je vends avec Tristesse" dit Silvio Berlusconi. Mais, il explique que "le foot moderne implique des investissements et des ressources qu'une famille seule, ne peut plus assumer".

Au passage, c'est révélateur de l'affaiblissement du capitalisme familial italien. On l'a vu avec le rachat du géant du lunettes Luxxotica (groupe familial) par le français Essilor.

Silvio Berlusconi vend donc son club de foot mythique le Milan AC, qui a remporté cinq victoires en Ligue des Champions, à un groupe chinois.
Cette Chine qui veut devenir une grande nation du Foot et même gagner la coupe du monde. 

Les Chinois arrivent donc, à Milan, avec leur carnet de chèques. Ils promettent de faire venir des grandes stars. On a même parlé de Benzema. Ils ont aussi racheté, l'autre club de Milan, l'Inter de Milan et ont également des parts dans l'Atletico-Madrid et Manchester City.

Pour confirmer l’accord préliminaire, les investisseurs chinois se sont engagés à verser 15 millions d’euros immédiatement et 85 millions dans un délai de trente-cinq jours. "Pendant toute la procédure de négociation (…), Fininvest a toujours maintenu la priorité clairement établie par M. Berlusconi : fournir à l’AC Milan, via une structure appropriée, les ressources financières plus importantes désormais essentielles pour être compétitif face aux meilleurs clubs de football du monde", a insisté la holding de la famille Berlusconi.

A faire à suivre donc. Mais en attendant,... Ciao et grazie mille Silvio !


Source : Media Congo

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