100 jours après. Gouvernement : Samy Badibanga à l’heure du bilan !

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L’exercice paraît, à la fois, simple et complexe, selon que chaque congolais devrait se faire sa propre idée du bref séjour à l’Hôtel du Gouvernement,   de Samy Badibanga, nommé Premier Ministre,  le 17 novembre 2016 et qui, après le discours du Président Joseph Kabila, devant les deux Chambres  du Parlement, réunies en Congrès, le 5 avril 2017, a décidé de démissionner, le 7 avril dernier.

 Ici, avec le concours du  service de presse de la Primature, il y a lieu de noter, tout de même,  qu’après tout, Samy Badibanga n’a pas démérité. Tout en mettant le cap sur les élections et les urgences  socio-économiques, telles que l’affaire du carburant, les  routes  cassées, les interventions dans les  hôpitaux, la lutte contre  les menaces de grève, les dépenses engagées et stoppées sur les obsèques de Tshisekedi, Samy Badibanga Ntita, lui,  misait essentiellement  sur  le budget 2017  grâce auquel, il  aurait pu apporter des solutions durables au peuple congolais, s’il lui avait été donné la possibilité  de le démontrer   au Parlement.

Le document officiel, ci-dessous,  répertorie, secteur par secteur,   toutes les actions de Badibanga,  menées durant les  100 premiers  jours de son passage à la tête du gouvernement sortant, depuis qu’il avait été  investi, le 23 décembre 2016.   Tous les détails, alors, tels qu’ils ont été  avancés dans ce mini-bilan,   sont vérifiables, soutiennent  des sources autorisées de la Primature.

Le Bilan de 100 premiers jours du Gouvernement SAMY BADIBANGA

                                                                  (Situation à fin mars 2017)

Le Gouvernement Samy Badibanga a tiré sa révérence le 7avril 2017 avec la démission de son animateur, juste après avoir atteint ses 100 jours dont il s’apprêtait à faire le bilan. En fait, et c’est la réalité dans tous les pays du monde, les 100 jours ne sont pas le moment de faire l’état des lieux de l’action globale d’un gouvernement donné le temps est trop court pour mettre en œuvre une action à moyen ou à court terme mais servent plutôt à évaluer essentiellement les mesures prises, les textes de loi adoptés ou les chantiers lancés afin d’amener un changement à une échéance bien plus longue.

En effet, on ne peut espérer endiguer avec un coup de baguette magique une inflation lancée à corps perdu par un déficit de plus de 500 millions de dollars et une forte pression sur les devises consécutive à la chute du prix du cuivre, ni construire un nouveau pont Maréchal et encore moins augmenter les salaires des fonctionnaires juste avec des crédits provisoires dans seulement trois mois. Quoi qu’en disent les détracteurs de M. Badibanga qui font plus étalage de haine personnelle que d’analyse profonde,  ce gouvernement a bien tracé une vision, un cap qu’il restait à suivre n’eussent été les turpitudes de la politique congolaise.

Ainsi compris, on réalisera aisément que le gouvernement Badibanga n’a pas démérité. Bien au contraire, il a même réussi des goals mémorables tels, entre autres, avoir, dès le premier mois d’exercice, jugulé le déficit pour passer aux marges de trésorerie ; avoir endigué l’érosion qui avait coupé la nationale numéro 1 au niveau de Mitendi et rétabli le trafic entre Kinshasa et Matadi ; avoir travaillé sur un budget en forte augmentation à 10,1 milliards de dollars (contre 4,5 milliards en 2016) ; avoir permis, en fournissant les moyens nécessaires à la CENI, l’enrôlement de plus de 22 millions d’électeurs sur les 41 millions attendus ; avoir finalisé les ponts aussi bien à Malweka à Kinshasa qu’à Beni au Nord-Kivu ; avoir mis fin à un conflit meurtrier entre Pygmées et Bantous dans la province de Tanganyika ; mais aussi avoir organisé le dialogue social avec les intersyndicales de la Fonction publique afin d’entrevoir comment réviser le barème salarial n’est franchement pas une mince affaire dans ce court délai. Ci-après, le bilan, du reste non exhaustif, des 100 jours du gouvernement Badibanga.

Entre l’investiture du Gouvernement Samy BADIBANGA, le 23 décembre 2016 et sa démission intervenue le 7 avril 2017, les réalisations suivantes peuvent être retenues à son actif:

I. AU PLAN POLITIQUE

1. Poursuite du financement des élections par la libération, au profit de la CENI, de 55,8 Milliards de FC, soit 42 millions de dollars américains. Ce qui a permis à la centrale électorale d’enrôler plus de 22 millions d’électeurs sur les 41 millions attendus ;

2. Inscription dans le projet de la Loi des Finances 2017 d’un budget de 756 millions de dollars américains pour la couverture des trois scrutins combinés (Présidentiel, législatif et provincial) prévus pour 2017.

3. Libération, dans le cadre de la consolidation de la cohésion nationale, des transferts aux provinces d’un montant de 44,9 milliards de FC, dont 33,7 milliards de FC au titre des dépenses courantes et 11,2 milliards de FC pour les investissements.

II. AU PLAN SÉCURITAIRE

1. Signature, sous les auspices du Gouvernement,  d’un accord de paix entre Bantous et Pygmées dans la province du Tanganika, mettant ainsi fin à un conflit meurtrier de plusieurs années qui a causé de nombreuses pertes en vies humaines et plusieurs des déplacés ;

2. Conclusion d’un accord de paix avec la famille régnante du défunt Chef KAMUINA NSAPU ayant permis la reddition de plus de 400 miliciens, regroupés au stadium de l’Espoir à KANANGA. Le nouveau Chef va prendre bientôt ses fonctions ; 

3. Poursuite des efforts de pacification de l’Est du pays.

III. AU PLAN SOCIAL

1. Organisation d’un dialogue social avec les intersyndicales de l’Administration publique (INAP) sur la recherche des voies et moyens susceptibles de:

restaurer, à court terme, le pouvoir d’achat des fonctionnaires et agents de l’État, rongés par la dépréciation monétaire ;
augmenter de 10% les bas salaires dès le budget 2017 ;
réviser, à moyen terme, le barème salarial.  
2. Réactivation de la plate forme de concertation avec la Fédération des Entreprises Congolaises et les autres structures patronales (FENAPEC, COPEMECO…);

3. Paiement des factures au bénéfice des femmes indigentes ayant accouché dans 14 centres hospitaliers publics de KINSHASA et des enfants démunis de moins de 5 ans hospitalisés dans ces mêmes centres.

4. Paiement au titre des interventions humanitaires pour un montant de plus de 7 milliards de FC aux différentes victimes des dégâts causés par les conflits armés, les pluies diluviennes et les inondations, notamment par une assistance humanitaire aux victimes: (i) des inondations de la Ville de Boma, (ii) des pluies torrentielles dans le territoire de Boende et de Bokungu dans la province de la Tshuapa, (iii) des conflits bantous et pygmées à Kalemie, dans le Tankanyika, et (iv) des pluies diluviennes à Mbuji-Mayi.

5. Acquisition d’un lot important des matériels didactiques destinés aux écoles primaires et secondaires des secteurs public et privé de toute la République.

IV. AU PLAN ÉCONOMIQUE

En 2016, hormis la baisse de l’offre de devises consécutive à la chute des cours des matières premières, quatre facteurs ont expliqué la dépréciation de la monnaie nationale. Il s’agit de l’accroissement du déficit de l’État (515 milliards de FC à fin décembre 2016), du déficit de trésorerie de la banque centrale, de l’augmentation persistante du montant de refinancement, de la baisse du montant des bons de la Banque centrale. En outre, le volume des importations connaît une baisse de 40% par rapport à son niveau normal.

Ces facteurs, combinés à l’incertitude politique, ont contribué à l’augmentation de la liquidité et partant des pressions sur la demande de devises. C’est dans ce cadre que l’option a été prise d’ajuster les comptes de trésorerie l’État et de la Banque Centrale, de figer à fin décembre 2016 le refinancement accordé à la BIAC,  de relever le montant au titre des intérêts sur la créance titrisée pour permettre à la banque centrale d’augmenter les ventes de ses bons au public afin de ponctionner la liquidité.

Les mesures suivantes ont concerné les politiques budgétaires et monétaires.   

A. POLITIQUE BUDGÉTAIRE

1. Demande et obtention des crédits provisoires extensibles jusqu’à l’adoption de la Loi des Finances de 2017;

2. Élaboration du plan de trésorerie pour le premier trimestre et du plan d’engagement budgétaire adossé sur ce dernier;

3. Élaboration du calendrier budgétaire pour la Loi des Finances 2017;

4. Élaboration du calendrier budgétaire pour la Loi des Finances 2018;

5. Finalisation du projet de la Loi des Finances 2017 avec des recettes et des dépenses en équilibre pour un montant de  10.031,4 milliards de FC, soit 7,8 milliards de USD au taux de change moyen de 1.288,3 FC/ le dollar américain;

6. Réalisation:

en janvier, février et mars 2017, des marges de trésorerie  respectives de 5,9 milliards, 3,6 milliards et 1,4 milliard de FC, soit un total de 10,9 milliards de FC  contre des prévisions respectives de -6,7 ; -34,7 et -17,7 milliards de FC;
7. Mobilisation des recettes sur le trimestre de 840,8 milliards de FC contre des prévisions de 780,2 milliards de FC dont pour les régies financières:

99,6, 98,6 et 97,2 milliards de FC contre des assignations, chaque fois,  de 85 milliards de FC pour la DGDA;
133,1, 111,8 et 117,8 milliards de FC contre des assignations respectives de 116,3, 103,8 et 109,1 milliards de FC pour la DGI;
42,4, 43,1 et 97,2 milliards de FC contre des assignations respectives de 36, 30 et 80 milliards de FC pour la DGRAD.
8. Paiement régulier, intégral et à temps, sur le trimestre, des salaires des agents et fonctionnaires de l’État pour un total de 486 milliards de FC contre des prévisions de 486 milliards de FC; 

9. Consolidation du reliquat de la paie au titre de reversement des montants non payés  par les banques. Ce reliquat est établi à fin mars 2017 à 79, 2 milliards de FC.

10. Programmation de la relance des opérations de contrôle de la paie, à partir de ce mois d’avril.

11. En vue de booster les importations, un décret a été signé autorisant l’importation des véhicules de 20 ans d’âge.

B. POLITIQUE MONÉTAIRE ET DE CHANGE

La concertation entre le Gouvernement et la Banque Centrale a abouti aux mesures  ci-après:

1. L’allocation, à la Banque Centrale du Congo, des intérêts sur la créance titrisée, pour un montant mensuel de 4 milliards de FC contre 1,4 milliards en 2016 au titre de prise en charge par le Gouvernement du coût de la politique monétaire ( intérêts pour le remboursement des bons BCC, frais d’importation, de transport et d’impression des signes monétaires). Le montant additionnel mensuel de 2,6 milliards de FC (4-1,4) devrait servir la banque à ponctionner la liquidité supplémentaire à travers les ventes des bons Banque Centrale.

Ainsi, au premier trimestre 2017, un montant de 12 milliards de FC (7,8 milliards en plus) a été accordé dans le cadre de la couverture du coût de la politique monétaire. Après avoir ponctionné, par le mécanisme des ventes des bons, 5,5 milliards de FC aux deux premiers mois de l’année, la Banque centrale a cependant injecté 10,5 milliards de FC en mars 2017.

2. La limitation des montants au titre de refinancement accordé à la BIAC à la situation arrêtée à fin décembre 2016 en vue du contrôle  de  cette source de création monétaire;

3. La transmission régulière au Gouvernement des rapports de contrôle sur le rapatriement des devises conformément aux délais prescrits par la règlementation de change;

4. La surveillance régulière des positions de change des banques afin de s’assurer que les positions créditrices feront l’objet des cessions des devises sur le marché.

5. L’exécution du plan de trésorerie de la Banque avec déficit Zéro.

6. L’instruction faite à la Banque de publier les mesures fortes prises par rapport à la circulation de la fausse monnaie.

Les deux premières mesures sont d’application.

Commentaires

Les résultats réalisés à fin janvier ont été les suivants: réalisation par le Gouvernement d’une marge de trésorerie de 6 milliards de FC, équilibre du compte de trésorerie de la Banque Centrale, maintien du refinancement accordé à la BIAC au montant de fin décembre 2016, ponction par la Banque Centrale de 2 milliards de FC à travers les ventes de ses bons.

Ces mesures ont permis de stabiliser le taux de change à la première quinzaine du mois de février.

Cependant, en dépit du maintien de la discipline consistant à contrôler  l’accroissement de la liquidité à la base de l’augmentation de la demande des devises, il a été observé une recrudescence de la dépréciation monétaire, à partir de la deuxième quinzaine du mois de février.

Cette évolution, qui persiste à ce jour, coïncide avec la découverte de la fausse monnaie sur le marché à partir de la deuxième quinzaine du mois de février. Le directeur de l’Hôtel de monnaie a été suspendu pour raison d’enquête.

C. POLITIQUES SECTORIELLES

Les réalisations suivantes peuvent être mentionnées:

1. Mise en application de la nouvelle loi sur les Hydrocarbures;

2. Début des travaux de dégazage du Golfe de KABUNO, au Nord Ouest du Lac Kivu, visant la réduction de la concentration en dioxyde de carbone dissous dans ces eaux. Ce carbone est  proche du niveau de saturation pouvant entrainer le risque d’une explosion gazeuse à l’effet d’entrainer des pertes en vies humaines.

3. Dans le secteur de l’eau potable,  lancement du projet d’alimentation en eau potable en milieu urbain (financement additionnel) pour un accès durable à l’eau potable dans les villes de Kinshasa, Lubumbashi, Matadi, Tshikapa et Kindu.

4. Finalisation des travaux des ponts MOLEKA à MALUEKA et SEMLIKI à BENI.

5. Finalisation des travaux et occupation de 3 des 7 immeubles de la place « Royal ».

6. Réalisation des travaux de sauvegarde de l’érosion MITENDI et reprise du trafic sur l’axe KINSHASA-MATADI.

Source : Media Congo

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